Kérosène : la France prête à mobiliser ses stocks stratégiques pour faire face à la pénurie

La France pourrait libérer ses stocks stratégiques de kérosène en cas de tension sur l’approvisionnement.

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Kérosène : la France prête à mobiliser ses stocks stratégiques pour faire face à la pénurie. Crédit : Xose Bouzas / Hans Lucas / AFP | Econostrum.info

La France ne constate pas, à ce stade, de difficulté d’approvisionnement en kérosène pour les compagnies aériennes. Cette position a été exprimée le 19 avril 2026 par Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie.

Lors d’une intervention sur BFMTV, elle a déclaré : « Il n’y a aucune pénurie à l’heure où on se parle » concernant les carburants routiers. À propos du kérosène, elle a indiqué qu’il existait « davantage de tension » tout en précisant que « à l’heure où on se parle, il n’y a pas de difficulté ». Ces déclarations interviennent dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et de perturbations sur les flux internationaux.

La ministre a également rappelé l’existence de réserves mobilisables en cas de besoin. Elle a précisé : « Je rappelle que la France a des stocks stratégiques, environ une centaine de jours de disponibilité de carburant que nous pourrions être amenés à libérer si on avait des problèmes de volume ». Elle a ajouté : « Et d’ailleurs, ces stocks stratégiques sont initialement là pour pallier des problèmes de volume et non pas à des problèmes de prix ».

Ces stocks, constitués par l’État, peuvent être utilisés pour répondre à une baisse des volumes disponibles sur le marché. Leur mobilisation dépend de l’évolution de la situation et des besoins identifiés dans les secteurs concernés, notamment le transport aérien.

Une dépendance aux importations du kérosène dans un contexte international incertain

La situation actuelle s’explique en partie par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Depuis la fin du mois de février, le détroit d’Ormuz est bloqué dans le cadre du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Ce passage maritime est un point de transit pour une part importante des exportations mondiales d’hydrocarbures. L’Europe dépend en partie des importations issues de cette région pour son approvisionnement en kérosène. Une part importante des volumes consommés sur le continent provient des pays du Golfe, ce qui rend les flux sensibles aux perturbations dans cette zone.

Au niveau européen, la Commission européenne suit l’évolution de la situation. Dan Jorgensen, commissaire européen chargé de l’Énergie, a déclaré que l’Union européenne « s’approchait très rapidement » d’un risque de tension sur l’approvisionnement. Il a évoqué la possibilité d’un été marqué par « des billets d’avion plus chers et des annulations ».

Dans ce contexte, l’Association internationale du transport aérien (IATA), organisation représentant les compagnies aériennes, a appelé les autorités à anticiper d’éventuelles mesures. Elle a demandé une coordination et une communication claire en cas de mise en place d’un « rationnement » du kérosène. La situation reste suivie par les autorités françaises et européennes, qui évaluent les évolutions des flux d’approvisionnement et les besoins des secteurs concernés dans les semaines à venir.

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