Le gouvernement prévoit d’accélérer l’installation de pompes à chaleur dans les logements afin de réduire l’usage des énergies fossiles pour le chauffage. Dans ce cadre, l’exécutif fixe un objectif d’un million d’installations par an d’ici 2030.
Cette orientation s’inscrit dans une politique de réduction de la dépendance au gaz et au fioul. Selon l’Agence de la transition écologique (Ademe), établissement public chargé d’accompagner la transition énergétique, environ 4 millions de pompes à chaleur sont déjà en service en France.
Le fonctionnement de ces équipements repose sur la récupération de chaleur extérieure. EDF, entreprise publique française spécialisée dans la production et la fourniture d’électricité, indique qu’« une pompe à chaleur prélève de la chaleur à l’extérieur pour la restituer dans le réseau des différents émetteurs de chaleur d’une maison ». Deux types principaux existent : les systèmes aérothermiques, qui utilisent l’air, et les systèmes géothermiques, qui exploitent la chaleur du sol ou de l’eau.
Performances, limites techniques et évolution du marché
Selon EDF, « un kilowattheure (kWh) de chaleur produit par une pompe à chaleur génère trois à quatre fois moins de CO2 qu’un kWh de chaleur produit par une chaudière à énergie fossile (fuel ou charbon) ». L’entreprise précise également que ces équipements « produisent, en moyenne, quatre fois plus de chaleur qu’elles ne consomment d’électricité ».
Une étude menée par l’Ademe sur une centaine d’installations indique des résultats favorables. Céline Laruelle, ingénieure au sein de l’Agence de la transition écologique, déclare qu’il existe « beaucoup d’économies à la fois sur le CO2 et sur la facture ». L’agence indique que « la pose d’une PAC permet de diviser par deux la facture d’énergie liée au chauffage par rapport à une chaudière fossile ».
Des limites sont également mentionnées. L’Ademe indique qu’un tiers des installations ne produisent pas les résultats attendus, en raison de problèmes de réglage ou de dimensionnement. L’association négaWatt, organisation spécialisée dans les questions énergétiques, souligne que ces équipements doivent être associés à des travaux d’isolation pour être efficaces dans les logements très énergivores.
La question de la consommation électrique est également soulevée. Nicolas Desquinabo, spécialiste des politiques publiques à l’institut Rousseau, indique que « se contenter d’installer une pompe à chaleur seule dans plus de 6 millions de maisons au gaz ou au fioul peu ou pas isolées va donc ajouter 20 GW » au pic de consommation.
Un dispositif de financement des pompes à chaleur en préparation et des contraintes selon les logements
Pour faciliter l’accès à ces équipements, le gouvernement envisage un système de financement inspiré du leasing. Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l’Énergie, explique dans un entretien au journal Le Parisien qu’elle « propose l’équivalent d’un ‘leasing’ sur les pompes à chaleur ».
Le coût d’une installation est estimé entre 10 000 et 15 000 euros. Maud Bregeon précise qu’une aide complémentaire pourrait atteindre jusqu’à 2 000 euros afin de permettre un amortissement sur trois ans. Elle évoque également « une bonification, une aide, qui varierait avec un plafond entre 12 000 et 14 000 euros ».
Le dispositif s’appuierait sur des mécanismes existants, notamment MaPrimeRénov’, aide publique destinée à financer les travaux de rénovation énergétique, et les certificats d’économie d’énergie. Maud Bregeon indique : « On travaille à un dispositif avec les énergéticiens ». L’objectif affiché est que « la mensualisation de votre pompe à chaleur et le prix de l’électricité qui va avec pour vous chauffer, soient toujours inférieurs au prix de votre facture de gaz ».
L’installation des pompes à chaleur concerne principalement les maisons individuelles. Dans les logements collectifs, les contraintes sont plus nombreuses. Le site France Rénov’, service public d’information sur la rénovation énergétique, précise que ces équipements sont installés en copropriété lorsque le chauffage est collectif. Une étude du cabinet Pouget Consultants, réalisée pour le ministère de la Transition écologique, mentionne plusieurs obstacles, dont un « encombrement intérieur important », des contraintes architecturales et des règles de copropriété susceptibles de limiter les installations.








