Agirc-Arrco : 1,4 milliard d’excédent pour 2025, les pensions vont-elles être revalorisées ?

Agirc-Arrco affiche un excédent de 1,4 milliard d’euros en 2025, mais les pensions des retraités ne seront pas revalorisées.

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Agirc-Arrco : 1,4 milliard d’excédent pour 2025, les pensions vont-elles être revalorisées ? - Crédit : Canva | Econostrum.info

Le régime de retraite complémentaire Agirc-Arrco, qui gère les pensions de 14 millions de salariés du secteur privé, a enregistré un excédent de 1,4 milliard d’euros pour l’année 2025.

Ce résultat est en baisse par rapport à celui de 4,6 milliards d’euros en 2024. Malgré des réserves solides atteignant 91,2 milliards d’euros, le régime fait face à des défis économiques, tels que l’inflation modérée, une faible croissance des salaires et un nombre d’emplois créés en ralentissement. Ces facteurs ont conduit à une progression plus modeste des cotisations, qui ont augmenté de 1,9 milliard d’euros, atteignant un total de 103,3 milliards d’euros en 2025.

Cependant, les retraités du régime Agirc-Arrco ne bénéficieront pas d’une hausse de leurs pensions en 2026. Contrairement au régime général des retraites, où les pensions sont indexées sur l’inflation, la revalorisation des pensions complémentaires est décidée chaque année lors de négociations entre syndicats et patronat. En 2025, les pensions avaient été revalorisées de 1,6 % pour tenir compte de l’inflation, mais les négociations de l’automne dernier ont échoué. Brigitte Pisa, vice-présidente de l’Agirc-Arrco, a confirmé que les pensions complémentaires ne seront pas augmentées cette année. Elle a précisé que les discussions pour la revalorisation des pensions de 2026 auront lieu en fin septembre ou début octobre 2026, comme chaque année.

Les défis démographiques pour l’Agirc-Arrco et la gestion des réserves

Malgré l’excédent financier actuel, l’Agirc-Arrco doit faire face à plusieurs défis démographiques de taille. Brigitte Pisa a souligné que la baisse de la fécondité et l’augmentation du nombre de pensionnés, qui vivent plus longtemps en bonne santé, représentent des défis pour le régime à long terme. Ces évolutions démographiques devront être intégrées lors des prochaines négociations paritaires afin de garantir la soutenabilité du système de retraite. Les projections démographiques actualisées, qui tiendront compte de ces tendances, joueront un rôle important dans les futures décisions paritaires.

Les réserves financières de l’Agirc-Arrco sont gérées selon une « règle d’or », ce qui garantit que ces réserves couvrent six mois de versement des pensions sur 15 ans. Ces réserves ont rapporté 1,1 milliard d’euros en 2025 grâce à des placements sur les marchés. Toutefois, ces réserves ne couvrent qu’une petite fraction des engagements futurs du régime, estimés à 3 500 milliards d’euros pour les 40 prochaines années. En fin d’année 2026, les partenaires sociaux devront renégocier les règles de gestion du régime pour la période 2027-2030, afin de maintenir la pérennité du système et de s’adapter aux défis démographiques et économiques à long terme.

Les pensions complémentaires Agirc-Arrco représentent entre 30 % (pour les plus faibles revenus) et 60 % (pour les cadres) de la pension totale des retraités du secteur privé. La gestion prudente du régime est donc cruciale, d’autant plus que la décision de ne pas augmenter les pensions en 2026 affectera directement le pouvoir d’achat des retraités. Cette absence de revalorisation, contrairement aux augmentations des pensions du régime général, soulève des inquiétudes parmi les retraités, d’autant plus que ces pensions complémentaires sont essentielles pour de nombreux bénéficiaires.

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