La Cour des comptes a publié le 25 mars 2026 son rapport public annuel dans lequel elle analyse les politiques de l’emploi en France et le fonctionnement de France Travail, l’établissement public chargé de l’accompagnement des demandeurs d’emploi.
Le rapport indique que la baisse du chômage observée en France ces dernières années ne s’est pas accompagnée d’une réduction des écarts entre les territoires. Selon la Cour des comptes, le taux de chômage a diminué en France entre 2017 et 2025, passant de 9,6 % à 7,5 % au deuxième trimestre 2025. Dans plusieurs territoires, notamment dans le Nord, les Pyrénées-Orientales, à La Réunion ou en Guadeloupe, l’écart avec la moyenne nationale reste similaire à celui observé plusieurs années auparavant. Le rapport indique que « L’évolution du taux de chômage suit la tendance nationale, sans résorption ni aggravation des disparités ».

La Cour des comptes explique cette situation par l’absence d’objectifs précis concernant la réduction des inégalités territoriales dans les politiques de l’emploi. Dans les documents budgétaires et dans la convention pluriannuelle entre l’État, l’Unédic, organisme gestionnaire de l’assurance chômage, et France Travail, la réduction des écarts territoriaux n’est pas définie comme un objectif prioritaire, sauf pour certains quartiers prioritaires de la politique de la ville.
France Travail reconnaît que sa méthode peut maintenir les écarts
Le principe appliqué dans la politique de l’emploi repose sur l’égalité de traitement entre les demandeurs d’emploi, avec des dispositifs similaires sur l’ensemble du territoire. Selon le rapport, cette organisation peut conduire à maintenir les écarts existants entre les territoires plutôt qu’à les réduire.
Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail, a répondu aux observations de la Cour des comptes dans le rapport. Il indique que cet objectif « n’a jamais été explicitement inscrit dans les orientations de l’Etat, du service public de l’emploi ou de France Travail (Pôle emploi à l’époque) ». Il précise également : « L’approche retenue consiste plutôt à répondre aux besoins, parfois spécifiques, de chaque territoire, à accompagner leurs dynamiques propres et à favoriser leur progression ». Il ajoute que cette approche « force est de constater, peut avoir pour effet de maintenir les écarts ».
France Travail dispose d’un budget d’intervention d’environ 818 millions d’euros, utilisé notamment pour financer des formations, des dispositifs d’accompagnement ou des aides à la mobilité pour les demandeurs d’emploi. Ce budget peut être réparti différemment selon les territoires par les directions régionales, en fonction des besoins locaux. La Cour des comptes estime que ces dispositifs ne suffisent pas à réduire les écarts de chômage entre les territoires.








