Consommation : Leclerc évoque une renégociation générale des prix dès le mois prochain

Michel-Édouard Leclerc évoque une possible renégociation des prix entre distributeurs et industriels dès avril en raison des tensions sur les coûts.

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Consommation : Leclerc évoque une renégociation générale des prix dès le mois prochain. - Crédit : Canva | Econostrum.info

Les accords commerciaux sur les prix conclus début mars entre les distributeurs et les industriels pourraient être réexaminés dans les prochaines semaines. Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, a indiqué que l’évolution de la situation internationale pourrait conduire certains fournisseurs à demander une réouverture des négociations tarifaires.

Les contrats annuels entre distributeurs et industriels ont été signés le 1er mars, conformément au calendrier des négociations commerciales en France. Ces accords déterminent notamment les conditions tarifaires appliquées dans la grande distribution pour l’année. Quelques jours après leur signature, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont modifié les prévisions de coûts dans plusieurs secteurs liés à la production et au transport.

Invité le vendredi 13 mars sur la station de radio RTL, Michel-Édouard Leclerc a indiqué que la pérennité de ces accords dépend de l’évolution du conflit. Il avait déclaré plus tôt dans la semaine : « tous les industriels qui ont signé ces contrats vont essayer de revenir nous voir pour nous demander de renégocier ». Selon lui, une prolongation du conflit pourrait conduire certains acteurs à demander une modification des conditions fixées début mars.

Le droit commercial français prévoit des mécanismes permettant de revoir certaines clauses contractuelles en cas d’évolution notable des coûts. Dans ce contexte, les entreprises peuvent utiliser des clauses de révision ou engager de nouvelles discussions contractuelles.

Une hausse possible des prix en raison des coûts dans la chaîne d’approvisionnement

Plusieurs facteurs sont évoqués pour expliquer les pressions sur les prix dans la chaîne d’approvisionnement. Les coûts de transport constituent un premier élément. Les flux logistiques, notamment maritimes et routiers, sont sensibles aux variations du prix des carburants.

D’autres éléments concernent la production agricole. Les intrants utilisés dans les exploitations, comme les engrais ou certains produits phytosanitaires, dépendent en partie des marchés énergétiques. Une variation des prix de l’énergie peut donc modifier les coûts de production agricole.

Dans ce contexte, Michel-Édouard Leclerc estime que l’évolution actuelle pourrait modifier les perspectives d’inflation pour les produits alimentaires. Alors que le ministre du Commerce Serge Papin évoquait une stabilité des prix comprise entre 0 % et 1 %, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc évoque une inflation qui pourrait atteindre environ 1,5 % sur l’année.

Face à cette situation, les autorités publiques examinent plusieurs options. Une réunion s’est tenue à Bercy pour analyser l’évolution des prix et les mesures possibles. L’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu étudie notamment l’hypothèse d’un plafonnement des marges ou d’autres mécanismes de régulation.

Dans ce cadre, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes  (DGCCRF), administration chargée du contrôle des pratiques commerciales et de la protection des consommateurs, pourrait être mobilisée si des mesures réglementaires étaient décidées. Les discussions portent sur les mécanismes susceptibles d’encadrer l’évolution des prix dans la distribution.

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