En Chine, le marché des produits d’occasion connaît un développement marqué dans un contexte de ralentissement économique et de pression sur le pouvoir d’achat. Cette évolution intervient alors que le pays ouvre les « Deux Sessions », la réunion politique annuelle au cours de laquelle les autorités présentent leurs objectifs économiques et les grandes orientations de politique publique.
Dans plusieurs villes chinoises, des consommateurs se tournent vers des articles d’occasion afin de réduire leurs dépenses. Les produits proposés couvrent un large éventail d’objets du quotidien, notamment des vêtements, des appareils électroménagers ou des livres. Cette tendance contraste avec l’image longtemps associée à ce type de consommation en Chine, où l’achat d’objets déjà utilisés était perçu comme lié à la pauvreté.
Une habitante de Shanghai interrogée par l’Agence France-Presse, Liu, explique : « Les fins de mois sont difficiles, tout le monde cherche des articles moins chers ». Selon les informations rapportées, les produits d’occasion peuvent être vendus entre 40 % et 70 % moins cher que les articles neufs.
Le développement de ce marché est aussi porté par les plateformes numériques. L’application Xianyu, propriété du groupe Alibaba, rassemble plus de 600 millions d’utilisateurs. De son côté, Zhuanzhuan, soutenue par l’entreprise technologique Tencent, constitue également un acteur important du secteur. Les deux plateformes ont progressivement ouvert des points de vente physiques dans plusieurs villes chinoises.
Une consommation affaiblie dans un contexte économique incertain pour la Chine
La progression du marché de la seconde main intervient alors que la consommation intérieure reste en retrait. Plusieurs facteurs économiques sont mentionnés pour expliquer cette situation, notamment la crise du secteur immobilier et un niveau de chômage élevé chez les jeunes.
En 2025, la croissance économique de la Chine a atteint 4,9 %, soit le rythme le plus faible enregistré depuis 1990. Dans ce contexte, les autorités cherchent à stimuler la consommation des ménages. Des dispositifs ont été mis en place afin d’encourager certains achats, notamment dans les secteurs de l’électronique, de l’automobile et de l’électroménager.
Selon Duncan Wrigley, économiste au sein du cabinet Pantheon Macroeconomics, ces mesures ont eu un résultat limité. Il déclare : « Cela a simplement avancé des achats qui auraient été faits de toute façon, et a conduit les gens à réduire leurs autres dépenses ».
Les habitudes de consommation évoluent également sous l’effet de préoccupations environnementales. Li Yujun, fondatrice d’un magasin de produits d’occasion à Shanghai, indique que certains consommateurs se montrent plus attentifs à la réduction du gaspillage. Elle précise toutefois que l’argument principal reste le prix des articles proposés.
Plusieurs économistes et institutions internationales appellent par ailleurs à des mesures destinées à soutenir la consommation intérieure. Le Fonds monétaire international (FMI) recommande notamment un renforcement des dispositifs de protection sociale, afin de réduire l’incertitude financière des ménages et d’encourager leurs dépenses.








