Le conflit en cours au Moyen-Orient entre les États-Unis, Israël et l’Iran entraîne des répercussions économiques qui commencent à se manifester dans la vie quotidienne. Les prix de l’énergie, les coûts agricoles et la logistique du commerce international sont concernés par ces évolutions.
L’une des premières conséquences observées concerne les carburants. Le prix de l’essence a commencé à progresser dans les stations-service. Sur franceinfo, Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, a déclaré : « Le prix de l’essence augmente de quelques centimes actuellement ». Cette évolution s’explique par la hausse des cours du pétrole sur les marchés internationaux, liée aux tensions dans la région.
Les données publiées par le gouvernement indiquent que les prix du gazole, du SP95 et du SP98 dépassent désormais 1,80 euro par litre. Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting et au sein du groupe de réflexion Terra Nova, estime qu’à ce niveau de prix « on pourrait atteindre 10 euros d’augmentation par plein, voire plus ».
Malgré cette hausse, Roland Lescure a affirmé qu’il n’existe « aucun risque d’approvisionnement » en pétrole et en gaz pour la France dans les prochaines semaines. Le ministre précise également que « aujourd’hui, dans plus de 97% du territoire, il n’y a aucun problème, c’est-à-dire qu’on est dans une situation normale où on a de l’essence partout ». Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), environ 12 % du pétrole brut importé par la France provient du Moyen-Orient.
Énergie, agriculture et transport international impactés par la guerre au Moyen-Orient
Le conflit au Moyen-Orient influence également le marché du gaz. Une part du gaz naturel liquéfié circule par le détroit d’Ormuz, zone maritime affectée par les tensions. Depuis le début de l’année, le prix du gaz en Europe a fortement progressé et a atteint environ 65 euros le mégawattheure.
Nicolas Goldberg explique que cette hausse ne se traduira pas automatiquement par une augmentation immédiate des factures. Il déclare : « Il va y avoir une hausse des prix du gaz, mais pas nécessairement des factures, en raison de la fin de la période de chauffe. On va moins utiliser le gaz, donc cela va moins se voir ». Les contrats à prix fixe restent également protégés pendant la durée de leur engagement.
Le secteur agricole est aussi concerné par l’évolution des prix de l’énergie. Une part des engrais utilisés en Europe transite par la zone du détroit d’Ormuz. Olivier Hardouin, céréalier et président de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) du Loir-et-Cher, a indiqué : « On a constaté des prix qui ont augmenté de 15% depuis la fin de la semaine passée ».
Les chaînes logistiques internationales sont également affectées. Les compagnies maritimes modifient certaines routes commerciales pour éviter la zone du conflit, ce qui allonge les trajets entre l’Asie et l’Europe. Plusieurs plateformes d’e-commerce ont informé leurs clients de délais de livraison plus longs. Selon l’agence Bloomberg, les retards peuvent aller de quelques jours pour certaines plateformes à environ une dizaine de jours pour Amazon.
Face à cette situation, le ministère de l’Économie a mis en place une cellule de suivi et indique échanger quotidiennement avec les secteurs de l’énergie, du transport, de la logistique et de l’industrie.








