Un pétrolier présenté comme lié à la « flotte fantôme » russe a été intercepté dans la nuit du 28 février au 1er mars en mer du Nord par les forces spéciales belges, avec l’appui de la France.
Le navire, nommé Ethera, a été arraisonné lors d’une opération conjointe. Le vice-Premier ministre belge, Maxime Prévot, a annoncé le dimanche 1er mars que les autorités belges allaient procéder à sa saisie après son arrivée au port. Le bâtiment est suspecté d’appartenir à un ensemble de pétroliers utilisés par la Russie pour exporter du pétrole brut en contournant les sanctions mises en place après l’invasion de l’Ukraine en 2022.
Dans une déclaration, Maxime Prévot a affirmé : « Les sanctions n’ont de sens que si elles sont appliquées. Aujourd’hui, nous les avons appliquées », ajoutant que le navire aurait pu naviguer sous un faux pavillon.
Une opération coordonnée entre la Belgique et les autorités françaises pour araisoner le Pétrolier
Le ministre de la Défense belge, Theo Francken, a indiqué sur le réseau social X que « le navire est actuellement escorté vers le port de Zeebruges, où il sera saisi ». Il a précisé que l’intervention, baptisée « Blue Intruder », s’est déroulée avec le soutien de militaires français.
Le président de la République française, Emmanuel Macron, a confirmé la participation française dans un message publié sur X, accompagné d’images de l’opération. Il a évoqué « un coup dur pour la flotte fantôme » et indiqué que des hélicoptères de la marine nationale avaient pris part à l’arraisonnement du navire « sous sanctions internationales ».
La « flotte fantôme » désigne des pétroliers anciens dont la propriété est difficile à identifier. Selon les autorités européennes, ces navires sont utilisés pour maintenir les exportations russes de pétrole malgré les restrictions adoptées par l’Union européenne et ses partenaires. Des centaines de bâtiments ont été placés sur liste noire par l’Union européenne afin de limiter les revenus tirés de ces exportations.
Un précédent avait eu lieu en janvier, lorsque la marine française avait intercepté en mer Méditerranée le pétrolier Grinch, en provenance de Russie, parce qu’il arborait un faux pavillon comorien. Immobilisé à Fos-sur-Mer, il avait quitté les eaux françaises le 17 février après le versement d’une amende de « plusieurs millions d’euros », selon Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères. L’Ethera doit désormais être examiné par les autorités belges à son arrivée à Zeebruges dans le cadre des procédures liées au respect des sanctions internationales.








