Ce samedi 28 février, les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont ravivé les tensions au Moyen-Orient. Ce conflit pourrait perturber l’approvisionnement mondial en pétrole, entraînant une hausse des prix du baril et également des tarifs des carburants à la pompe.
Cette situation est particulièrement préoccupante en raison de la position stratégique de l’Iran dans le secteur pétrolier mondial. L’Iran est l’un des dix plus grands producteurs mondiaux de pétrole, avec une production d’environ 3,1 millions de barils par jour (mb/j), selon l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Bien que sa production ait considérablement diminué depuis les années 1970, l’Iran reste un acteur majeur du marché mondial de l’or noir. À cette époque, il était le troisième plus grand producteur mondial, derrière les États-Unis et l’Arabie saoudite. La révolution islamique de 1979 et les sanctions économiques successives ont lourdement impacté l’industrie pétrolière iranienne.
Malgré ces défis, l’Iran possède des réserves de pétrole parmi les plus importantes au monde et continue de produire à un coût relativement bas, estimé à environ 10 dollars par baril. Ce faible coût de production permet à l’Iran de rester compétitif sur le marché, même avec les sanctions en place. Cependant, en raison des sanctions économiques, l’Iran ne peut exporter qu’une partie de sa production, et la majorité de ses exportations vont vers la Chine. En dépit de ses difficultés commerciales, le pays reste un acteur stratégique dans l’approvisionnement mondial.
Le risque de fermeture du détroit d’Ormuz et l’impact sur le marché pétrolier et les prix des carburants
L’un des risques majeurs associés à ces frappes est celui du blocage du détroit d’Ormuz, une route de navigation stratégique qui relie le Golfe Persique au reste du monde. Environ 20 millions de barils de pétrole, soit 20 % de la consommation mondiale de pétrole liquide, circulent quotidiennement par ce détroit. Si l’Iran décide de fermer ce passage, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques sur le marché mondial du pétrole.
Le détroit d’Ormuz, étroit de 50 kilomètres, est une voie de navigation particulièrement vulnérable. Même une simple menace de blocage pourrait entraîner une hausse des primes d’assurance, rendant la traversée du détroit plus difficile pour les navires. Bien que certains pays comme l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis disposent de capacités alternatives pour acheminer leur pétrole, celles-ci sont limitées. Ainsi, le détroit d’Ormuz demeure essentiel pour le transport du pétrole dans la région.
Les frappes actuelles augmentent les inquiétudes sur la stabilité de cette route maritime. Une instabilité prolongée pourrait perturber l’approvisionnement en pétrole, ce qui entraînerait une hausse des prix du baril et par ricochet les tarifs des carburants. Si l’Iran mettait en œuvre sa menace de fermer le détroit, les prix du pétrole pourraient augmenter de manière significative, car la communauté internationale serait contrainte de chercher des alternatives coûteuses pour transporter le pétrole.
Les analystes estiment que, dans un scénario où le détroit d’Ormuz serait effectivement fermé, les prix du pétrole pourraient atteindre des niveaux historiques, potentiellement supérieurs à ceux observés au début de la guerre en Ukraine.
L’augmentation des prix du pétrole va-t-elle se répercuter rapidement sur les prix à la pompe en France ?
L’ampleur de la hausse future du carburant dépendra largement de l’évolution du conflit. « Le prix à la pompe risque de prendre le même chemin si ce nouveau conflit ne s’éteint pas rapidement » indiquent des analystes. Il faut souligner qu’outre les tensions géopolitiques, deux autres facteurs pourraient accentuer la hausse des prix du carburant dans les prochaines semaines. Le premier est logistique : la capacité des raffineurs et des distributeurs à puiser dans leurs réserves actuelles. Si les stocks de carburants sont suffisants, l’effet sur les prix pourrait être différé. En revanche, en cas de pénurie relative, l’ajustement serait immédiat.
De plus, certains opérateurs pourraient être tentés de spéculer, en augmentant les prix sur des stocks achetés à un tarif antérieur plus bas. Le second facteur est saisonnier : l’arrivée des départs en vacances à travers l’Europe. L’augmentation de la demande crée mécaniquement une pression sur les prix à la pompe. Cette conjoncture souligne la forte dépendance des marchés pétroliers à la stabilité géopolitique, mais aussi l’exposition directe des consommateurs aux événements internationaux.








