Déremboursement des soins : pourquoi les plus précaires sont les plus pénalisés

Les déremboursements de soins pénalisent principalement les ménages modestes, augmentant leur part de frais de santé, selon la Drees.

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Déremboursement des soins : les ménages les plus précaires, sont les plus pénalisés . - Crédit : Canva | Econostrum.info

La Drees (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) a publié le 18 février 2026 une étude sur les effets des déremboursements de soins sur le budget des ménages.

Cette analyse intervient dans un contexte où les gouvernements successifs ont été tentés de réduire la part de la Sécurité sociale dans le financement des soins, ce qui a conduit à des hausses de coûts pour les patients. L’étude met en lumière que, quel que soit le scénario de déremboursement envisagé, les ménages modestes seraient deux fois plus impactés que les ménages plus aisés.

Le rapport analyse différentes situations où les coûts de soins augmentent, comme les hausses des franchises médicales et des participations forfaitaires. Ces hausses se répercutent particulièrement sur les ménages les plus modestes, les mettant en difficulté financière.

Les coûts des déremboursements et leur impact sur les ménages

L’impact financier des déremboursements de soins se traduit par une augmentation de 35 euros par an, en moyenne, pour chaque patient. Si cette somme peut sembler faible en valeur brute, elle représente un pourcentage significatif du revenu des ménages modestes. Pour les ménages les plus modestes, cette augmentation représente 0,12 % de leur revenu annuel, contre seulement 0,006 % pour les ménages les plus aisés. Cette disparité dans l’impact des mesures est particulièrement préoccupante pour les familles ayant des revenus plus faibles.

Déremboursement des soins : pourquoi les plus précaires sont les plus pénalisésPin

La complémentaire santé solidaire (C2S) permet d’exonérer certains ménages modestes de ces frais supplémentaires, mais elle ne couvre pas l’ensemble des ménages modestes, notamment en raison du non-recours à cette aide ou des revenus légèrement supérieurs au seuil d’éligibilité. Le seuil d’éligibilité pour bénéficier de la C2S est inférieur au seuil de pauvreté, ce qui signifie que de nombreuses personnes n’y ont pas accès malgré des revenus faibles.

L’augmentation des franchises et leur effet sur la santé

Une autre constatation majeure de l’étude est que l’augmentation des franchises médicales et des participations forfaitaires affecte davantage les personnes en mauvaise santé. Dans le scénario envisagé par l’étude, la hausse des franchises médicales et des coûts associés entraînerait un coût supplémentaire de 49 euros par an pour les ménages dont l’état de santé est mauvais. Ce montant est nettement plus élevé que les hausses des autres frais, comme ceux des consultations médicales ou des soins dentaires.

L’augmentation des franchises, bien que régulièrement évoquée comme une mesure pour redresser les finances de la Sécurité sociale, aurait des conséquences disproportionnées pour les plus vulnérables, en particulier ceux dont la santé nécessite des soins fréquents. Le rapport met en évidence que la mise en place de telles mesures augmenterait la charge financière pour ces ménages, au détriment de leur bien-être et de leur accès aux soins.

Ainsi, la Drees souligne que les mesures d’austérité dans le domaine des soins médicaux pénalisent principalement les ménages modestes, en augmentant leur part de frais de santé et en les exposant davantage au surendettement. Les pouvoirs publics doivent tenir compte de cette disparité pour éviter que ces mesures n’aggravent les inégalités sociales.

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