Le groupe Renault a annoncé un partenariat avec la société de défense Turgis & Gaillard pour produire des drones aériens polyvalents. D’ici moins d’un an, l’usine Renault du Mans devrait être capable de produire jusqu’à 600 drones par mois.
Cette capacité de production marquerait un bond important par rapport à la production actuelle en France, où seulement quelques centaines de drones kamikazes ont été produits en 2025. Le programme industriel français de munitions téléopérées, Damoclès, prévoit la livraison de 460 drones kamikazes entre 2025 et mi-2026, dont une partie sera fabriquée dès 2025.
Actuellement, la production mondiale de drones kamikazes, notamment en Ukraine et en Russie, est bien plus importante, atteignant jusqu’à un million d’unités par an. La France, quant à elle, cherche à rattraper son retard dans ce domaine, en se tournant vers des partenariats industriels pour augmenter sa production.
Objectifs et responsabilités de Renault dans la production de drones
Renault, par le biais de ce partenariat, ne fabriquera que la structure de ces petits avions sans pilotes, sans la charge militaire. L’étape de l’ajout de charges militaires interviendra après la livraison des drones par Renault, une fois qu’ils seront remis à des acteurs du secteur de la défense. Le groupe a souligné que son expertise en matière d’industrialisation et de production en grande série d’objets technologiques serait utilisée pour assurer une fabrication efficace tout en maîtrisant la qualité, les coûts et les délais.
Le groupe Renault a précisé qu’il ne cherchait pas à devenir un acteur majeur de la défense, mais que son implication dans ces projets visait à répondre à des exigences industrielles spécifiques. L’objectif est de garantir une production rapide et en grande quantité de ces appareils, si nécessaire, pour les besoins militaires, tout en maintenant les priorités du groupe dans l’automobile. Le groupe a également indiqué que la production de ces drones se ferait en France, sous l’égide du ministère des Armées, en collaboration avec des industriels européens du secteur.
La CGT a exprimé son opposition à ce projet, critiquant ce qui a été perçu comme une « logique guerrière » et soulignant que les salariés n’avaient pas signé pour de telles activités. Le groupe Renault a réaffirmé que la participation des salariés à ce projet se ferait sur une base volontaire.
Le ministre délégué pour l’armement, Patrick Pailloux, a jugé cette collaboration comme « hyper intéressante », soulignant l’importance de travailler avec les ingénieurs de Renault pour développer un drone productible en grande quantité, si nécessaire. Il a également indiqué que la France avait pris un « risque » en s’associant à l’industrie automobile pour répondre rapidement aux besoins de défense.








