La relation entre l’Australie et ses alliés, les États-Unis et le Royaume-Uni, dans le cadre de l’alliance Aukus, a récemment été marquée par des développements concernant la livraison de sous-marins nucléaires.
En 2021, l’Australie a rompu un contrat avec la France pour l’achat de 12 sous-marins conventionnels et a opté pour un partenariat avec les États-Unis et le Royaume-Uni dans le cadre de l’alliance Aukus. Cette alliance prévoit que l’Australie reçoive de trois à cinq sous-marins nucléaires de classe Virginia à partir de 2032, avec la possibilité d’en ajouter d’autres construits avec l’aide du Royaume-Uni.
Cependant, un rapport du Congrès américain, rédigé par Ronald O’Rourke, expert en affaires navales, soulève des questions sur la capacité des États-Unis à fournir ces sous-marins dans les délais convenus. Le rapport indique que le Pentagone pourrait ne pas être en mesure de livrer ces sous-marins à l’Australie sans affecter les capacités de la US Navy. Selon ce document, les sous-marins destinés à l’Australie risquent de rester sous contrôle américain, bien qu’ils soient basés en Australie, en raison des capacités industrielles limitées des États-Unis.
Les préoccupations du Congrès américain sur la capacité des États-Unis quant à la livraison des sous-marins
Les analystes soulignent que cette situation pourrait entraîner un affaiblissement de la dissuasion américaine dans la région Asie-Pacifique, notamment en cas de conflit avec la Chine. Le rapport fait remarquer que l’Australie n’a pas promis de soutenir les États-Unis en cas de conflit avec Pékin, en particulier concernant Taïwan. Il est précisé que les sous-marins américains, initialement destinés à être déployés par les États-Unis en période de crise, pourraient ne pas être disponibles en raison de leur engagement avec l’Australie.
Le rapport évoque également des risques en matière de cybersécurité. Le partage de la technologie des sous-marins nucléaires avec l’Australie augmenterait les vulnérabilités potentielles, en particulier en ce qui concerne les attaques informatiques. Les pirates informatiques, notamment ceux liés à la Chine, ont déjà tenté à plusieurs reprises d’infiltrer les systèmes informatiques australiens. Cette coopération pourrait donc accroître les points d’entrée pour des cyberattaques potentielles, mettant en danger des technologies sensibles.
Le rapport du Congrès ne reflète pas la position officielle du gouvernement américain, mais il met en lumière les préoccupations concernant l’impact de l’alliance Aukus sur la sécurité nationale des États-Unis. Cette analyse se concentre principalement sur l’impact que l’exportation de ces sous-marins pourrait avoir sur les capacités de la US Navy et sur les implications de partager une technologie de défense avancée avec un pays tiers.
Le gouvernement américain, par l’intermédiaire du Pentagone, a réaffirmé son engagement à honorer les termes de l’accord Aukus, mais le rapport du Congrès montre les tensions internes sur la faisabilité de cet engagement à long terme. La situation reste donc sous surveillance, et des discussions supplémentaires pourraient être nécessaires pour ajuster les attentes et les engagements des parties impliquées dans cet accord.








