Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé qu’il signerait en fin de semaine prochaine le décret de publication de la feuille de route énergétique de la France, connue sous le nom de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).
Cette feuille de route définit les objectifs énergétiques du pays jusqu’en 2035 et est un document stratégique qui vise à guider la politique énergétique de la France dans les années à venir. Après plusieurs années de débats et de discussions, ce texte devrait être finalisé et signé après un retard lié à des divergences politiques sur le mix énergétique, notamment entre le nucléaire et les énergies renouvelables.
L’objectif principal du gouvernement est de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles et d’accélérer la transition énergétique. Sébastien Lecornu a précisé que l’un des objectifs à court terme est d’augmenter la part de l’électricité dans la consommation totale d’énergie du pays, passant de 27 % actuellement à 60 % d’ici 2030. Cette augmentation passe par une électrification plus importante des usages, notamment dans la mobilité, l’industrie et les bâtiments. Cependant, certains experts, comme Thierry Bros, professeur à Sciences Po Paris et spécialiste des questions énergétiques, estiment que cet objectif pourrait être difficile à atteindre dans les délais impartis.

Les principaux axes de la feuille de route énergétique
Le texte prévoit la construction de six réacteurs nucléaires de type EPR (Réacteur pressurisé européen), ainsi que la possibilité de huit réacteurs supplémentaires en option. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de renforcer la production nucléaire française, qui demeure un élément clé de la stratégie énergétique du pays. Cette politique a été annoncée par le président Emmanuel Macron en 2022 lors de son discours à Belfort. Ces réacteurs devront jouer un rôle majeur dans la réduction de la dépendance de la France aux énergies fossiles et contribuer à la production d’énergie décarbonée.
Outre le nucléaire, la feuille de route met également l’accent sur les énergies renouvelables. Des investissements seront réalisés dans l’éolien en mer, le photovoltaïque et la géothermie. Toutefois, l’éolien terrestre, qui rencontre parfois une opposition locale, sera soumis à un ralentissement. Le gouvernement privilégiera ainsi la modernisation des parcs éoliens existants en remplaçant les anciennes turbines par des modèles plus puissants, une opération appelée « repowering ». Cette approche vise à limiter l’extension de nouveaux parcs éoliens tout en optimisant ceux déjà installés pour accroître leur production.
Le gouvernement prévoit également une « stratégie ambitieuse d’offre » pour éviter l’augmentation du prix de l’électricité en France. Sébastien Lecornu a affirmé que cette politique devrait permettre de maintenir les tarifs stables et d’éviter une hausse significative des prix pour les consommateurs français. La stratégie s’appuie sur l’accélération de la transition vers une production d’électricité plus verte et plus durable, ce qui permettrait de réduire la pression sur les prix de l’énergie à long terme.
Les incitations pour l’électrification des usages
Pour atteindre les objectifs de 60 % d’électricité dans la consommation d’énergie d’ici 2030, le gouvernement mettra en place des incitations pour encourager l’électrification des différents secteurs économiques. Le Premier ministre a précisé que des mesures concrètes seront prises pour accélérer cette transition, notamment pour les secteurs du transport, du bâtiment et de l’industrie, qui représentent une part importante de la consommation d’énergie.
Cette feuille de route énergétique constitue un élément central de la politique gouvernementale en matière de transition écologique. Elle devrait permettre à la France de faire face aux enjeux climatiques et énergétiques des prochaines décennies. Le décret de publication, qui sera signé à la fin de la semaine prochaine, marque le début de la mise en œuvre de cette stratégie ambitieuse, avec des objectifs qui guideront le pays jusqu’en 2035.








