Éventuelle guerre avec la Russie : la France mobilise 12 500 soldats pour l’exercice Orion 26

La France mobilise 12 500 soldats pour l’exercice Orion 26, visant à tester sa capacité de réaction face aux tensions.

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Orion 26
Éventuelle guerre avec la Russie : la France mobilise 12 500 soldats pour l'exercice Orion 26. Crédit : Franck Dubray | Econostrum.info

Du 8 février au 30 avril 2026, la France mène l’exercice militaire le plus important sur son territoire depuis la fin de la guerre froide. Cet exercice, baptisé Orion 26, réunit 12 500 militaires, le porte-avions Charles-de-Gaulle, 25 navires de combat, 140 avions et hélicoptères, ainsi que 1 200 drones.

Vingt-quatre pays participent aux manœuvres, notamment des nations européennes, les États-Unis, le Canada et les Émirats arabes unis. L’objectif principal de cet exercice est de tester la capacité de réaction de la France face à une menace de haute intensité en Europe, dans un contexte marqué par les tensions croissantes avec la Russie.

Le scénario de l’exercice Orion 26 inspiré des tensions actuelles

Le scénario de l’exercice met en scène un pays fictif, Arnland, qui est menacé par son voisin Mercure, une puissance expansionniste de l’Est. Bien que fictif, ce scénario s’inspire des procédures de l’OTAN et intègre les enseignements du conflit en Ukraine. Le vice-amiral Xavier Royer de Véricourt, directeur de l’exercice, a précisé que l’objectif est de reproduire les différentes phases d’un conflit moderne, depuis les actions hybrides jusqu’à l’engagement militaire de haute intensité.

Orion 26 est également un test pour la France afin de garantir sa capacité à diriger la force de réaction rapide de l’OTAN, l’Allied Reaction Force, à partir du 1er juillet 2026. Cette responsabilité implique que la France soit capable de commander jusqu’à 23 000 soldats et 100 000 réservistes dans un délai de déploiement allant de cinq à trente jours, en fonction de l’urgence de la crise.

Les manœuvres se déroulent en quatre phases distinctes. La première phase a commencé le 8 février, avec des opérations amphibies et aéroportées sur la façade atlantique, notamment en Bretagne. L’objectif est de sécuriser l’aéroport de Vannes-Meucon avant de progresser vers Saint-Nazaire pour contrôler le port et permettre l’arrivée de renforts. La dernière phase, prévue entre le 7 et le 30 avril, se concentrera sur des combats terrestres de grande envergure dans les départements des Ardennes, de la Marne, de la Haute-Marne et de l’Aube, avec la reconquête fictive de la ville de Rennes.

Un volet cyber et spatial renforcé

L’exercice Orion 26 intègre également des dimensions cyber et spatiales, avec un stress numérique permanent sur les systèmes d’armement français. Le Commandement cyber de l’armée française teste la résilience des systèmes d’armement face à des cyberattaques tout en maintenant l’opérationnalité des forces. De plus, l’exercice SparteX 2026 est organisé en parallèle pour tester l’intégration des capteurs spatiaux civils et militaires dans les manœuvres globales, en coopération avec le CNES et les alliés. Cela permet de vérifier l’impact des effets spatiaux sur l’efficacité des opérations militaires.

Un test national de résilience

Au-delà des préparations militaires, l’exercice Orion 26 est également un test de la résilience nationale face à des menaces hybrides. Douze ministères français sont mobilisés pour simuler une réponse coordonnée à des cyberattaques massives, des campagnes de désinformation, et des sabotages d’infrastructures critiques. Les ministères de la Défense, de l’Intérieur, des Transports, de l’Économie et de la Transition énergétique participent à cette simulation de crise. Un war game interministériel est également prévu pour tester la gestion de crise au plus haut niveau de l’État.

Cet exercice se veut une démonstration de la capacité de la France à gérer une crise complexe sur plusieurs fronts, tout en renforçant son rôle au sein de l’OTAN. Le message envoyé à ses alliés européens et à la Russie est celui de la préparation et de la dissuasion face à toute menace.

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