Une vaste fraude aux cotisations sociales a été démantelée en France, impliquant près de 2 000 salariés et un montant détourné estimé à 8,9 millions d’euros. Cette fraude a été mise au jour grâce à l’enquête de l’Office central de lutte contre le travail illégal (OCLTI), soutenu par les gendarmes de l’Oise et du Groupe interministériel de recherches d’Amiens.
Les enquêteurs ont découvert qu’un réseau organisé opérait à travers des sociétés d’intérim fictives. Selon Erwan Coiffard, porte-parole de la gendarmerie, les fraudeurs, en utilisant une holding domiciliée en Irlande, avaient créé des entreprises de travail temporaire. Ces sociétés démarchaient des entreprises dans des secteurs en tension, tels que le BTP ou la restauration, pour leur proposer de transférer leurs salariés vers des entreprises fictives. Ces derniers continuaient à travailler pour l’entreprise d’origine tout en étant payés par la société frauduleuse, qui conservait une partie de leurs salaires, sans déclarer ces montants à l’Urssaf.

Les premiers indices ont émergé lorsque des salariés, après des démarches auprès de la Caisse d’allocations familiales, ont découvert qu’ils n’étaient pas déclarés. Ces employés ont alerté l’Urssaf, qui a établi que, entre juillet 2024 et mars 2025, près de 1 000 salariés n’avaient pas été déclarés, entraînant un détournement de 4,3 millions d’euros. Cependant, l’enquête a révélé que ce n’était qu’une partie de l’affaire, et qu’en réalité, près de 9 millions d’euros avaient été détournés au total.
Arrestations des responsables de la fraude sociale et une saisie importante
Le coup de filet mené le 27 janvier 2026 a permis l’arrestation de sept personnes, dont quatre ont été mises en examen. Ces individus étaient établis dans l’Oise, le Var et les Bouches-du-Rhône. En perquisition, les forces de l’ordre ont saisi près de 400 000 euros d’avoirs criminels et des armes. L’enquête a également révélé que certains suspects envisageaient de quitter le pays pour investir les fonds détournés dans l’immobilier, notamment en Thaïlande et au Maroc.
Les autorités poursuivent leur investigation pour déterminer si les entreprises qui ont été démarchées étaient de bonne foi, croyant participer à une optimisation fiscale, ou si elles étaient complices de la fraude. Dans ce dernier cas, ces entreprises pourraient faire face à des sanctions pénales.
Les gendarmes ont également invité les salariés concernés à vérifier leur situation sur le portail mesdroitssociaux.gouv.fr afin de s’assurer que leurs cotisations sociales ont bien été déclarées. L’enquête continue, visant à démanteler l’ensemble du réseau et à récupérer les fonds détournés.







