Ménages exclus de MaPrimeRénov’ : voici comment financer vos travaux malgré tout

Face à MaPrimeRénov’ limitée, des ménages se tournent vers d’autres solutions pour rénover leur maison.

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MaPrimeRénov’
Ménages exclus de MaPrimeRénov’ : comment financer vos travaux malgré tout - Crédit : Canva | Econostrum.info

Le dispositif MaPrimeRénov’, destiné à soutenir la rénovation énergétique dans l’immobilier, doit rouvrir dans les prochaines semaines avec l’adoption du budget de l’État pour 2026. Doté d’une enveloppe d’environ 3,6 milliards d’euros, similaire à celle de 2025, le programme doit permettre le financement de 120 000 dossiers cette année, selon les données de l’Agence nationale de l’habitat. En 2025, 100 000 dossiers avaient été soutenus.

Demande persistante sur MaPrimeRénov’

Toutefois, près de 83 000 demandes déposées l’an dernier restent en attente de traitement, ce qui limite fortement l’accès au dispositif. Le recentrage du programme restreint son périmètre aux rénovations globales, impliquant au moins deux actions de performance énergétique, et aux ménages aux revenus modestes ou très modestes.

Ménages exclus de MaPrimeRénov’ : voici comment financer vos travaux malgré toutPin

Une part importante des propriétaires dans le secteur de l’immobilier, notamment ceux disposant de revenus intermédiaires ou supérieurs, se retrouve exclue du dispositif malgré des besoins de travaux. Cette situation conduit certains ménages à rechercher des solutions alternatives pour financer des chantiers souvent coûteux.

Certificats d’économie d’énergie et éco-PTZ  

Parmi les mécanismes mobilisés, les certificats d’économie d’énergie occupent une place centrale. Ce dispositif repose sur une obligation imposée aux entreprises énergétiques, qui financent des primes versées aux particuliers réalisant des travaux de rénovation dans l’immobilier. Ces aides peuvent être sollicitées par les propriétaires ou locataires de logements construits depuis plus de deux ans, à condition que la demande soit formulée avant la signature d’un devis. Les montants varient selon les revenus et la nature des travaux, avec des aides plus élevées pour les ménages les plus modestes.

Audrey Zermati, directrice stratégie et relations externes de l’entreprise Effy, spécialisée dans l’accompagnement des particuliers pour leurs travaux, indique à BFM Business que « les CEE sont aujourd’hui très bien valorisés pour les publics les plus modestes et sur certaines opérations comme l’isolation des combles ou l’installation d’une pompe à chaleur ». Elle précise que, dans certains cas, ces primes peuvent couvrir une part importante du coût des travaux. Effy traite entre 80 000 et 100 000 dossiers par an et observe une demande persistante malgré les restrictions de MaPrimeRénov’.

L’éco-prêt à taux zéro constitue une autre option. Ce prêt bancaire permet de financer des travaux de rénovation sans intérêts. Son accès reste limité, certaines banques se montrant réticentes à le proposer. Effy a récemment conclu un partenariat avec le groupe BPCE et le gestionnaire Oney afin de faciliter l’accès à ce type de financement. Selon Audrey Zermati, seules quelques banques, principalement mutualistes, distribuent actuellement ce prêt sous conditions.

Des montages privés fondés pour les exclus de MaPrimeRénov’

Lorsque l’emprunt bancaire n’est pas envisageable, des modèles privés plus atypiques apparaissent. L’entreprise Vasco, basée à Bordeaux, propose de financer tout ou partie des travaux en échange d’une prise de participation dans le bien immobilier. Le principe repose sur une indivision temporaire, formalisée par un acte notarié, sans droit d’usage pour l’entreprise.

Hervé Degreve, associé de Vasco, explique que l’entreprise intervient auprès de ménages ne pouvant ni accéder à MaPrimeRénov’, ni obtenir un prêt, ni fournir un apport personnel. Selon lui, « 80 % des ménages que nous accompagnons ont des ressources modestes ou très modestes au sens de l’Agence nationale de l’habitat ». Le montant moyen des travaux atteint 50 000 euros pour des biens estimés autour de 250 000 euros, ce qui conduit à une prise de participation comprise entre 25 et 30 % de la valeur du logement.

Ces solutions viennent s’ajouter aux aides publiques existantes, dans un contexte où 3,9 millions de logements étaient classés F ou G au diagnostic de performance énergétique au 1er janvier 2025, selon le service des données et études statistiques du gouvernement.

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