Le matin du 30 janvier 2026, un phénomène rare a attiré l’attention le long de la côte normande : une centaine de cargos, principalement des vraquiers et autres navires marchands, se sont mis au mouillage en baie de Seine, à proximité du rail des Casquets. Ces navires ont volontairement interrompu leur navigation pour attendre des conditions plus sûres.
Ce mouvement de masse n’est pas un hasard. Depuis plusieurs jours, les conditions météorologiques sur l’Atlantique nord sont dégradées par des tempêtes persistantes. Selon plusieurs grandes compagnies maritimes, y compris le groupe français CMA CGM, des « conditions météorologiques sévères impactent actuellement les conditions de navigation sur l’Atlantique, le long des côtes françaises, espagnoles et marocaines », avec des phénomènes particulièrement violents dans le golfe de Gascogne.
Face à ce risque, et pour protéger à la fois l’équipage et la cargaison, certains armateurs ont décidé de placer leurs navires dans des zones perçues comme plus sûres jusqu’au passage du coup de vent prévu. CMA CGM a notamment déclaré qu’elle plaçait ses bâtiments en « positions sûres » dans des zones comme la baie de Seine et même autour de Gibraltar pour éviter des scènes dangereuses en pleine tempête.
Ces mesures ne sont pas surprenantes dans le contexte d’un phénomène météorologique exceptionnel. Des tempêtes successives et des vents d’une rare intensité ont créé des perturbations et des creux importants en mer, rendant toute navigation à pleine vitesse incertaine voire dangereuse. Des sources spécialisées soulignent que ces conditions ont disrupté les flux de marchandises en Europe, avec des terminaux portuaires qui ont dû ajuster leur productivité ou même temporairement suspendre certaines opérations à cause des intempéries.
La baie de Seine, un refuge naturel des cargos face à la mer formée
La baie de Seine, située entre les presqu’îles du Cotentin et de la Normandie, offre une zone de mouillage relativement protégée lorsque la mer est forte. La géographie de cette partie de la Manche fait qu’elle subit moins l’impact direct de la houle des tempêtes atlantiques, ce qui en fait une halte logique pour les navires en transit qui cherchent à attendre des conditions plus clémentes avant de reprendre leur route. C’est cette logique de sécurité maritime préventive qui a poussé les capitaines à ancrer leurs cargos dans cet espace.
La préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord avait d’ailleurs anticipé certains effets de ces tempêtes sur la navigation dans les eaux françaises. Des arrêtés réglementant la circulation et le mouillage en baie de Seine avaient déjà été publiés récemment, afin d’encadrer de manière stricte les zones où les navires peuvent s’arrêter en toute sécurité.
Cette présence importante de navires au mouillage ne reflète pas seulement la recherche d’un abri. Elle atteste aussi de l’impact opérationnel croissant du climat et de la météo sur les grandes routes maritimes. Alors que le transport maritime reste un pilier du commerce international, avec des milliers de navires marchand traversant quotidiennement les principales voies maritimes, l’intensification des phénomènes climatiques extrêmes pose des défis nouveaux pour la planification logistique, la sécurité des équipages et la fiabilité des chaînes d’approvisionnement mondiales








