Emploi des jeunes : la proposition choc du Medef fait réagir

Le Medef propose un CDI pour jeunes, qui peut être facilement rompu dés les premières années de l’emploi et payé en dessous du Smic, suscitant des réactions syndicales.

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Emploi des jeunes : la proposition choc du Medef fait réagir. Crédit : Canva | Econostrum.info

Le Medef a proposé l’instauration d’un CDI spécial destiné aux jeunes, qui pourrait être rompu sans motif pendant les premières années d'emploi. Cette initiative a été présentée dans des documents remis lors d’une réunion entre le patronat et les syndicats.

Selon les propositions, ce CDI permettrait aux employeurs de mettre fin au contrat sans justification pendant les premières années, avec une indemnisation croissante en fonction de l’ancienneté du salarié en cas de rupture. Le Medef explique que cette mesure vise à lutter contre le chômage des jeunes, en particulier ceux peu qualifiés.

Le modèle proposé par le Medef s’inspire du « contrat à droits progressifs » mis en place en Italie en 2016. Selon l’organisation patronale, ce dispositif a permis de réduire le chômage structurel dans le pays. En France, le Medef propose d’adopter un modèle similaire, avec un CDI qui pourrait être rompu plus facilement, mais avec des garanties financières croissantes pour les jeunes en fonction de leur ancienneté dans l'emploi. Cette proposition a pour objectif de rendre l'embauche plus attractive pour les jeunes, notamment ceux qui ont peu d’expérience professionnelle.

Une autre partie des propositions du Medef concerne le niveau du Smic. L’organisation patronale suggère de moduler le Smic pour certains primo-entrants sur le marché du travail. Cette mesure viserait à faciliter l’embauche des jeunes, en tenant compte de leurs compétences et de leur expérience limitée. Le Medef propose que ces ajustements se fassent dans un cadre de négociation collective et uniquement pour un « public cible », dans une période limitée.

Les critiques des syndicats qui dénoncent la volonté de précariser les jeunes à l'emploi

Ces propositions ont suscité de vives réactions de la part des syndicats. La CGT a exprimé sa colère, dénonçant ce projet comme une « déclaration de guerre » contre les jeunes travailleurs. Le syndicat rappelle qu’il y a 20 ans, le Contrat Première Embauche (CPE), un projet similaire lancé en 2006, avait provoqué une mobilisation historique et avait été abandonné sous la pression des manifestants. La CGT considère que cette nouvelle proposition serait encore plus défavorable que le CPE, notamment en raison de la possibilité de rupture sans motif pendant les premières années.

L’Unef, syndicat étudiant, a également critiqué le projet, le qualifiant de « précarisation » des jeunes travailleurs. Selon l’Unef, ce CDI spécial risquerait de créer une génération de jeunes employés sans protections ni droits. Le syndicat étudiant appelle à une « mobilisation massive » contre cette proposition, affirmant qu’elle discriminerait les jeunes et aggraverait leurs conditions de travail.

Le Medef, pour sa part, a précisé que ces propositions ne sont encore que des pistes de réflexion destinées à alimenter le débat. L’organisation patronale indique que l’objectif de ces mesures est de répondre à la situation des jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation), une catégorie qui représente 12,3 % des jeunes de 15 à 29 ans en 2023. Le Medef souligne que ces suggestions cherchent à résoudre le problème du chômage élevé parmi les jeunes, particulièrement ceux qui n’ont pas de qualifications ou d’expérience.

Malgré ces clarifications, les syndicats ont annoncé qu’ils s’opposeraient fermement à toute négociation sur ces propositions, affirmant qu’elles fragiliseraient encore davantage la situation des jeunes sur le marché du travail.

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