Les Américains mettent la main sur LMB Aerospace : la classe politique dénonce une « braderie » de la souvereineté militaire française

LMB Aerospace, fleuron français de la défense, vient d’être vendu à un groupe américain malgré les garanties de l’État.

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LMB Aerospace
La souveraineté militaire française « bradée » : polémique après le rachat LMB Aerospace par les Américains - Crédit : Canva | Econostrum.info

Le gouvernement français a validé, fin janvier 2026, la vente de LMB Aerospace, une entreprise française spécialisée dans la fabrication de ventilateurs et de composants pour le secteur militaire, à Loar Group, un important acteur américain de l’aéronautique et de la défense.

Basée à Malemort-sur-Corrèze, LMB Aerospace fournit des pièces essentielles pour des programmes militaires stratégiques tels que le Rafale, les hélicoptères Tigre, le char Leclerc, le porte-avions Charles de Gaulle et les sous-marins nucléaires. Cette PME, qui réalise une part importante de son chiffre d’affaires à l’international, notamment aux États-Unis, emploie environ soixante salariés en France. 

La transaction, valorisée entre 365 et 400 millions d’euros, a été autorisée après contrôle des investissements étrangers par les autorités françaises. Loar Group prévoit de générer environ 60 millions de dollars de revenus grâce à cette acquisition en 2026. 

Cette cession intervient alors que la France cherche à renforcer sa souveraineté industrielle tout en restant attractive pour les investissements étrangers. Les pouvoirs publics soulignent que LMB Aerospace continuera à produire en France et que ses contrats stratégiques pour la défense resteront protégés.

Réactions en chaîne après la vente de LMB Aerospace

La vente de LMB Aerospace a provoqué une vague de réactions politiques et médiatiques, avec des interrogations sur la protection des technologies sensibles et la souveraineté nationale.  Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a défendu la décision en soulignant que l’État n’avait pas « bradé » la souveraineté française et qu’il avait imposé des conditions strictes pour sécuriser les intérêts stratégiques du pays. 

Parmi ces garanties figure une « golden share », action spéciale donnant à l’État le droit de veto sur certaines décisions stratégiques, permettant de bloquer toute orientation contraire aux intérêts de la défense nationale. L’accord prévoit également le maintien de la production en France et la protection des contrats essentiels à la défense. 

« Grande braderie » 

Malgré ces assurances, la transaction a suscité des critiques. Le président du RN, Jordan Bardella, dénonce une « grande braderie », estimant que les actifs stratégiques ne devraient pas passer sous contrôle étranger. La députée LFI Aurélie Trouvé qualifie la décision de « suicidaire », dans un contexte géopolitique mondial tendu. 

Le gouvernement rappelle toutefois que ces mesures visent à concilier ouverture économique et protection des industries stratégiques, en assurant que la France conserve le contrôle sur les décisions critiques pour sa défense et que les savoir-faire sensibles ne seront pas transférés à l’étranger. Cette opération illustre les difficultés à équilibrer attractivité pour les investisseurs et sécurité nationale, dans un contexte où la souveraineté industrielle reste un enjeu majeur pour l’État français.

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