La richesse des Français recule. Le PIB par habitant français continue de reculer par rapport à celui des autres pays européens. En 2024, selon les données publiées par l’Insee, un Français est désormais moins riche qu’un Européen moyen.
Ce phénomène, qui dure depuis trois ans, reflète une réalité économique où la France n’avance plus aussi rapidement que ses voisins européens. En 2000, la différence de niveau de vie entre la France et l’Allemagne était de 6 %. Aujourd’hui, cet écart a atteint 11 % en faveur de l’Allemagne. Les Danois, quant à eux, vivaient 13 % mieux que les Français en 1975 et cet écart s’est creusé à 23 % en 2024. Cette évolution marque une perte relative de richesse individuelle pour les Français.
Les pays d’Europe centrale, autrefois considérés comme moins riches, rattrapent rapidement la France. Le Royaume-Uni, qui accusait un retard de 12 % par rapport à la France en 1975, a désormais un niveau de vie comparable, malgré les effets du Brexit. L’Espagne, également, réduit progressivement l’écart avec la France, affichant une croissance plus rapide. Ce qui est plus marquant, c’est la Pologne. En 2000, la Pologne avait un retard de 60 % sur la France, mais ce retard a été réduit à seulement 20 % en 2024.
Selon l’essayiste Antoine Foucher qui s’est exprimé dans une chronique publiée dans Les Échos, si cette tendance se poursuit, les Français et les Polonais pourraient bientôt afficher un niveau de vie similaire d’ici la fin du prochain quinquennat. Cette situation soulève des questions sur la compétitivité de l’économie française face à cette évolution rapide.
Les causes structurelles de ce déclin de la richesse des Français
Le recul du niveau de vie en France peut être attribué à plusieurs facteurs, dont les faiblesses structurelles du pays. L’une des causes majeures est le système éducatif français. En 1999, la France était classée 13ᵉ dans le classement PISA, mais aujourd’hui, elle se situe à la 26ᵉ place. Cette baisse dans les performances scolaires a des répercussions sur la compétitivité des générations futures. De plus, dans le classement PIAAC des compétences des adultes, la France se classe également à la 26ᵉ position.
La productivité en France, quant à elle, stagne. En 2000, la France occupait la 7ᵉ place mondiale en termes de productivité, mais en 2024, elle est tombée à la 14ᵉ position. Ce ralentissement dans l’amélioration de la productivité contraste avec la dynamique de nombreux autres pays européens, qui connaissent des gains de productivité plus soutenus donc un gain de richesse.
Antoine Foucher met également en évidence que la politique budgétaire actuelle pourrait aggraver cette situation. Les budgets 2026 de l’État et de la Sécurité sociale prévoient une réduction des investissements dans l’éducation et la formation des jeunes, ce qui pourrait nuire à la productivité future. En limitant les investissements à long terme nécessaires pour stimuler l’économie, la France se prive de leviers importants pour relever ces défis structurels.








