Le Royaume-Uni a annoncé la reprise des négociations avec l’Union européenne concernant le programme militaire SAFE, un programme d’une valeur de 150 milliards d’euros destiné à aider les États membres de l’UE à se réarmer.
Ce programme permet aux pays de souscrire à des prêts garantis par l’UE pour acheter des équipements militaires, à condition que 65% des composants de ces équipements soient fabriqués en Europe. Le Royaume-Uni, qui ne cherche pas à bénéficier des prêts directement, souhaite toutefois assouplir les règles relatives à la provenance des composants afin de permettre à ses produits d’être davantage inclus dans le programme.
Les négociations initiales sur ce sujet ont échoué en novembre 2025, principalement en raison des conditions financières imposées par la Commission européenne. Celle-ci demandait au Royaume-Uni de payer un droit d’entrée, compris entre 4 et 6,5 milliards d’euros, une exigence que Londres a refusée.
Les négociations sur le programme militaire SAFE sont essentielles pour le Royaume-Uni, qui cherche à faire valoir ses intérêts industriels, en particulier dans l’industrie de défense. Le gouvernement britannique, dirigé par Keir Starmer, espère que la situation géopolitique actuelle, notamment les menaces de Donald Trump sur la scène internationale, incitera Bruxelles à assouplir ses conditions et revoir ses demandes financières. Une source gouvernementale a précisé que Londres considérait la somme demandée comme excessive par rapport aux centaines de millions d’euros initialement évoquées.
Les pressions exercées par la France et les perspectives de compromis sur le programme militaire SAFE
Le Royaume-Uni n’est pas le seul acteur dans ce dossier, car la France a joué un rôle majeur dans le maintien d’une position ferme de la Commission européenne. En effet, la France, soucieuse de défendre ses propres intérêts industriels, a exercé des pressions considérables sur la Commission pour limiter l’accès du Royaume-Uni au programme. Selon Charles Grant, directeur du Centre for European Reform (CER), certains fonctionnaires de la Commission européenne ont exprimé leur embarras face à ces pressions françaises, évoquant même une forme d’intimidation.
Toutefois, d’autres États membres de l’UE, moins réticents à une participation britannique accrue, pourraient influencer l’évolution des négociations. En décembre 2025, le Canada a signé un accord similaire avec l’Union européenne pour permettre à ses entreprises d’accéder plus facilement au programme SAFE. Ce précédent pourrait jouer un rôle clé dans les discussions qui reprendront à Londres le 2 février 2026, avec l’espoir de parvenir à un compromis plus équilibré pour les deux parties.








