Dans le débat climatique actuel, l’attention se focalise de plus en plus sur un possible retour du phénomène El Niño à la fin de l’année 2026, susceptible d’influencer profondément les conditions météorologiques à l’échelle mondiale, en particulier durant l’hiver 2026‑2027. Ce changement s’inscrit dans le cycle naturel El Niño‑Southern Oscillation (ENSO), qui alterne entre phases froides (La Niña), neutres et chaudes (El Niño), avec des impacts importantes sur les températures et les précipitations mondiales.
Actuellement, les analyses les plus récentes montrent que le Pacifique équatorial est toujours en conditions La Niña à ce début d’année 2026, avec des températures de surface plus froides que la normale dans les régions centrales et orientales du Pacifique tropical. Ces conditions sont définies par des indices comme le Niño3.4, qui étaient encore significativement négatifs en décembre 2025.
Une transition rapide vers El Niño
Cependant, ces anomalies froides montrent des signes d’affaiblissement. Les indicateurs océaniques et atmosphériques, notamment les températures sous‑la‑surface et les vents dominants, suggèrent que La Niña pourrait rapidement décroître au cours du premier trimestre de 2026, avec une transition probable vers un état ENSO‑neutre, selon la NOAA.
D’après le Climate Prediction Center (CPC) de la NOAA, il existe une forte probabilité (environ 75 %) que La Niña cède la place à des conditions ENSO‑neutres entre janvier et mars 2026. Cette transition signifie que les températures de surface de l’océan dans le Pacifique tropical reviendraient proches de leur moyenne historique, sans caractéristiques marquées de La Niña ou d’El Niño.
Cette période neutre est importante car elle marque souvent le point de pivot vers l’émergence d’El Niño. Plusieurs modèles climatiques à long terme projettent justement qu’un réchauffement significatif du Pacifique pourrait se produire au cours de la seconde moitié de 2026, conduisant à une phase El Niño qui s’installerait et influencerait la saison hivernale 2026‑2027.
Les impacts mondiaux d’un El Niño dans un climat réchauffé
Si cette transition vers El Niño se confirme, elle serait caractérisée par des températures de surface plus élevées dans le Pacifique central et oriental, ce qui redistribue l’énergie thermique vers l’atmosphère et modifie les grands courants d’air planétaires. Historiquement, cela a des effets notables : les hivers El Niño entraînent généralement des schémas météorologiques différents, comme des hivers plus doux et humides dans certaines régions du sud des États‑Unis, et des conditions plus sèches dans d’autres zones.
D’un point de vue global, un retour d’El Niño dans un climat déjà plus chaud du fait du réchauffement climatique pourrait amplifier certaines extrêmes météorologiques. Des études récentes ont montré que des épisodes El Niño sont souvent associés à des hausses temporaires des températures moyennes globales, ce qui, combiné au réchauffement de fond, pourrait pousser de nouveaux records de chaleur à l’avenir.
Pour l’instant, l’incertitude demeure importante, en particulier au‑delà du printemps 2026. Les prévisions d’ENSO deviennent plus fiables après la période dite du Spring Predictability Barrier (barrière de prévisibilité du printemps), moment après lequel les modèles climatiques peuvent mieux anticiper si El Niño s’installe réellement. Les scientifiques continueront de surveiller de près les températures de surface et sous la surface du Pacifique, ainsi que les vents tropicaux et la convection atmosphérique, pour ajuster ces prévisions au fil des mois.








