Permis de conduire : l’aide la plus utilisée par les Français supprimée

La fin du financement du permis de conduire par le CPF provoque une vague d’inquiétude dans le secteur des auto-écoles.

Publié le
Lecture : 2 min
permis de conduire
Permis de conduire : l’aide la plus utilisée par les Français supprimée. Crédit : Adobe Stock | Econostrum.info

La décision du gouvernement de restreindre l’accès au financement du permis de conduire par le CPF suscite une onde de choc. Le secteur des auto-écoles alerte sur les répercussions sociales à venir. Derrière cette réforme budgétaire, des milliers de candidats risquent de se retrouver sans solution.

Le financement du permis de conduire par le CPF, mis en place en 2019, ne sera plus possible pour la majorité des actifs à partir de 2026. Désormais, seules les personnes au chômage pourront y avoir recours. Cette décision s’inscrit dans le cadre du budget 2026 et vise à réduire les dépenses publiques. Mais pour les professionnels du secteur, la mesure est brutale.

En 2024, près d’un quart des candidats au permis B ont financé leur formation avec le CPF, selon les données de la Dares. Cela représente environ 1,5 million de personnes, souvent issues de catégories modestes. Le coût moyen d’un permis B se situe entre 1 500 et 2 000 euros, un montant difficilement accessible sans aide.

Des auto-écoles qui dépendent du CPF

Pour les auto-écoles, cette décision risque d’avoir un effet immédiat. Certaines structures dépendent à plus de 50 % de ces financements , alerte Édouard Rudolf, vice-président de la Fédération des auto-écoles en ligne (FENAA). Il évoque un risque de faillites en cascade si le flux de candidats financés par le CPF s’interrompt brusquement.

Le responsable estime également que cette mesure envoie un message contradictoire : alors que l’on incite à l’insertion professionnelle, on retire un outil qui facilitait l’accès à l’emploi, notamment dans les zones mal desservies par les transports en commun. « On marche sur la tête », déplore-t-il après de Franceinfo.

Une fracture sociale aggravée

L’un des points les plus contestés reste l’impact social de la réforme. Le CPF était largement utilisé par les travailleurs précaires, ceux qui ont le plus besoin du permis pour accéder à un emploi stable. En supprimant cet accès, le gouvernement risque de creuser davantage les inégalités, selon la FENAA.

Le permis de conduire reste une compétence clé dans de nombreux secteurs, y compris dans l’artisanat, la logistique, ou les métiers du bâtiment. La suppression de son financement via le CPF pourrait freiner l’employabilité de nombreux actifs.

Le secteur demande un réexamen

Face à ces critiques, les professionnels du secteur appellent l’État à revoir sa position ou à mettre en place un dispositif alternatif ciblé, garantissant l’accès au permis pour les publics qui en ont réellement besoin. Sans réponse rapide, les effets pourraient se faire sentir dès les prochains mois sur le terrain.

Laisser un commentaire

Partages