Menace de nouveaux droits de douane : Macron va demander l’activation de l’instrument anti-coercition

Emmanuel Macron va demander à l’Union européenne d’activer l’instrument anti-coercition après les menaces de nouveaux droits de douane de Donald Trump contre plusieurs pays européens.

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Droits de douanes
Menace de nouveaux droits de douane : Macron va demander l’activation de l’instrument anti-coercition. Crédit : AFP | Econostrum.info

Le président de la République française, Emmanuel Macron, a indiqué qu’il allait demander, au nom de la France, l’activation de l’instrument anti-coercition de l’Union européenne. Cette mesure intervient en réponse directe aux menaces de nouveaux droits de douane de Donald Trump visant plusieurs pays européens, dont la France.

D’après les informations communiquées par l’entourage du chef de l’État à BFMTV, cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et l’Union européenne. Donald Trump a annoncé son intention d’imposer des surtaxes douanières de 10 % dès le 1er février, puis de 25 % à partir du 1er juin, sur les produits en provenance de huit pays européens opposés à son projet d’annexion du Groenland, territoire autonome rattaché au Danemark.

Le président français souhaite que l’Union européenne réagisse de manière coordonnée et ferme à ces mesures jugées unilatérales de hausse des droits de douane. L’instrument anti-coercition, souvent surnommé « bazooka commercial », a été conçu par la Commission européenne comme un outil de dissuasion. Il permet de répondre à des pressions économiques extérieures par des restrictions ciblées.

Un outil européen pour dissuader les pressions économiques américaines par la hausse des droits de douane 

L’instrument anti-coercition (ACI) ne vise pas à instaurer une guerre commerciale, mais à inciter au dialogue. Son activation requiert la majorité qualifiée des États membres de l’Union. Une fois approuvé, il permet notamment de geler l’accès de certains pays aux marchés publics européens ou de restreindre leurs investissements sur le territoire européen. Cet outil s’inscrit dans le cadre plus large des politiques de défense commerciale européennes destinées à protéger les États membres face à des actes de contrainte économique.

Parallèlement, cette situation remet en cause l’accord conclu à l’été 2025 entre l’Union européenne et les États-Unis sur les droits de douane. Cet accord prévoyait des taxes de 15 % sur les importations européennes, notamment dans les secteurs automobile, pharmaceutique et viticole. Selon un proche du président français, ces nouvelles annonces américaines « posent la question de la validité de l’accord ».

En Italie, la Première ministre Giorgia Meloni a également réagi à ces déclarations. Lors d’un déplacement à Séoul, elle a déclaré à la presse : « Je pense qu’imposer de nouvelles sanctions aujourd’hui serait une erreur. » Elle a précisé avoir échangé avec Donald Trump quelques heures auparavant pour lui faire part de sa position.

L’Union européenne devrait aborder la question dans les prochains jours afin d’évaluer les conséquences de ces mesures sur le commerce transatlantique. La décision d’activer ou non l’instrument anti-coercition nécessitera un consensus au sein du Conseil européen. Emmanuel Macron a indiqué qu’il entendait défendre cette option pour garantir une réponse commune face à la pression exercée par Washington.

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