Le Parti socialiste envisage de ne pas voter de motion de censure contre le gouvernement à condition que deux exigences soient respectées dans le budget 2026. Cette position intervient à la suite des annonces faites par le Premier ministre Sébastien Lecornu concernant plusieurs ajustements au projet de loi de finances pour 2026.
Ces annonces portent notamment sur des mesures en faveur du pouvoir d’achat, des étudiants et du logement. Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, a précisé samedi 17 janvier 2026 sur TF1 que le groupe socialiste à l’Assemblée nationale pourrait ne pas s’opposer au budget 2026 si deux critères sont remplis. Il demande d’abord à ce que le contenu complet du projet de loi amendé soit rendu public, sans imprécisions.
Ensuite, il affirme que le financement des nouvelles mesures ne doit pas reposer sur les ménages, mais sur une contribution des grandes entreprises. Parmi les mesures annoncées figurent la hausse de la prime d’activité, le maintien des repas étudiants à un euro et l’augmentation de l’enveloppe allouée au logement social à hauteur de 400 millions d’euros. Ces modifications vont dans le sens des revendications exprimées par le Parti socialiste lors des discussions sur le budget 2026.
Réserves persistantes dans le socle commun sur le budget 2026
Plusieurs représentants du socle commun ont exprimé des doutes sur l’équilibre financier du budget modifié. Paul Christophe, président du groupe Horizons à l’Assemblée nationale, a indiqué que les ajustements budgétaires impliquent une réduction des économies prévues, sans financement précisé. Marc Fesneau, chef des députés du MoDem, a déclaré attendre des clarifications sur le respect de l’objectif de déficit public fixé à 5 % du PIB pour 2026.
Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a répondu samedi soir que l’effort budgétaire serait réparti entre réduction des dépenses et hausse des recettes, en excluant une charge supplémentaire sur les ménages. Elle a également précisé que le détail des mesures serait communiqué par courrier à l’ensemble des parlementaires dès lundi.
Concernant la surtaxe sur les grandes entreprises, contestée par certains parlementaires, le gouvernement a confirmé son maintien. Cette contribution exceptionnelle, qui concernait déjà 2025, est évaluée à 6,3 milliards d’euros dans la nouvelle version du texte, contre 4 milliards dans le projet initial. Le Sénat s’y oppose, mais le gouvernement prévoit de maintenir cette ligne pour répondre aux demandes de la gauche.
Les discussions parlementaires reprendront mardi. En l’absence de majorité claire, plusieurs options sont envisagées par l’exécutif. Le Premier ministre pourrait recourir à l’article 49.3 pour faire adopter le budget sans vote, bien qu’il s’y soit initialement opposé. Ce mécanisme lui permettrait de faire passer le texte tout en sélectionnant les amendements retenus, au prix d’un risque de motion de censure. Une autre option serait l’utilisation de l’article 47 de la Constitution via une ordonnance. La décision devrait être prise en Conseil des ministres lundi.








