Le secteur du tourisme est en en expansion en Espagne. Le pays a accueilli en 2025 un nombre record de visiteurs étrangers, confirmant son ascension parmi les premières destinations touristiques mondiales.
Selon les chiffres communiqués par le ministre espagnol du Tourisme, Jordi Hereu, lors d’une conférence de presse à Madrid le 15 janvier 2026, le pays a reçu 97 millions de touristes en 2025, contre 94 millions en 2024. Le seuil des 100 millions devrait être franchi en 2026, selon les estimations du gouvernement espagnol.
Ces résultats placent l’Espagne juste derrière la France, traditionnellement première destination touristique mondiale. Jordi Hereu a qualifié ces chiffres de « réussite collective », soulignant le dynamisme du secteur touristique espagnol. Le pays a enregistré 135 milliards d’euros de recettes liées au tourisme en 2025, en progression de 6,8 % sur un an, d’après les données du ministère.
Une concurrence directe avec la France dans le secteur du tourisme
En France, le tourisme a connu en 2025 une évolution qualifiée de « correcte mais contrastée » par l’Alliance France Tourisme. La clientèle internationale a permis de soutenir l’activité, tandis que la clientèle nationale a réduit ses dépenses, effectuant davantage d’arbitrages budgétaires. Le président de l’Alliance, Dominique Marcel, a expliqué que le pays restait « très concurrencé par l’Espagne et l’Italie », en dépit de la bonne performance du segment haut de gamme et du luxe, qui a vu son revenu moyen par chambre progresser de 5,6 %.
La France avait accueilli 100 millions de visiteurs internationaux en 2024 et devrait conserver ce niveau en 2025, selon les premières estimations. Toutefois, les experts soulignent que la hiérarchie mondiale du tourisme repose désormais autant sur les recettes générées que sur le nombre de visiteurs. Le tourisme représente environ 8 % du produit intérieur brut français et deux millions d’emplois directs et indirects.
L’Alliance France Tourisme estime que l’Espagne bénéficie d’un avantage structurel avec une capacité hôtelière supérieure de 36 % à celle de la France. Plusieurs professionnels du secteur appellent ainsi à un développement accru de l’hôtellerie et des infrastructures touristiques pour maintenir la compétitivité du pays.
Un moteur économique pour l’Espagne, un enjeu pour la France
En Espagne, le tourisme représente 12,6 % du produit intérieur brut, selon les données de l’Institut national des statistiques (INE). Ce secteur constitue un pilier économique majeur, contribuant à la croissance du pays, estimée à 2,9 % en 2025, soit plus du double de celle de la zone euro. Face à cette forte dépendance, le gouvernement espagnol a toutefois appelé à « diversifier et contrôler l’offre touristique » dans les zones les plus fréquentées, afin de privilégier la qualité et d’éviter les déséquilibres territoriaux.
Les tensions liées au tourisme de masse demeurent importantes en Espagne, notamment à Barcelone, Malaga, dans les Baléares et les Canaries. Ces régions ont connu plusieurs manifestations contre la saturation touristique. Certaines autorités locales, comme la municipalité de Barcelone, ont annoncé qu’elles ne renouvelleraient pas environ 10 000 licences d’appartements touristiques arrivant à échéance en novembre 2028.
En France, la concentration du tourisme sur une part limitée du territoire — 80 % de l’activité se concentrant sur 20 % des zones — conduit également à une réflexion sur la régulation. Les collectivités locales expérimentent différentes approches, comme la mise en place de quotas de visiteurs, l’introduction de taxes spécifiques ou encore la fermeture temporaire de sites sensibles.
Le Comité interministériel du tourisme, présidé en 2025 par François Bayrou, avait fixé pour objectif d’atteindre 100 milliards d’euros de recettes touristiques internationales d’ici 2030. La France, qui a enregistré 71 milliards d’euros de recettes internationales en 2024, se positionne actuellement au quatrième rang mondial, derrière les États-Unis, l’Espagne et le Royaume-Uni.
Face à une concurrence européenne accrue, la France cherche à renforcer son attractivité tout en maîtrisant les effets du tourisme de masse, alors que l’Espagne s’apprête, pour la première fois, à rivaliser directement pour la première place mondiale en nombre de visiteurs.








