Un député du groupe Les Républicains (LR) à l’Assemblée nationale a relancé le débat sur le revenu de solidarité active (RSA), en proposant que les bénéficiaires ne puissent plus partir à l’étranger tout en continuant à percevoir leurs allocations.
Actuellement, les personnes percevant le RSA peuvent continuer à toucher leurs prestations, y compris lorsqu’elles séjournent à l’étranger. Ce séjour peut durer jusqu’à trois mois sans interruption, sans que leurs droits ne soient suspendus. Cette situation est régulièrement critiquée par certains parlementaires, qui jugent qu’elle crée une inégalité par rapport à d’autres prestations sociales, comme l’assurance chômage, où la présence effective sur le territoire est nécessaire pour percevoir les indemnités, comme le rappelle Le Figaro.
Dans une intervention rapportée par Le Figaro, le député LR a ironisé en affirmant que certains bénéficiaires profitent de ce qu’il a appelé « 12 semaines de congés payés », estimant que les droits actuels étaient trop larges. Cette déclaration a suscité un vif débat sur les réseaux sociaux et dans la presse, certains dénonçant une stigmatisation des allocataires, tandis que d’autres soutiennent que cette remarque soulève un problème réel de cohérence dans l’application des prestations sociales.
Les partisans de cette proposition avancent que l’objectif est de rétablir l’équité dans le système social français. Selon eux, il serait incohérent qu’un allocataire du RSA puisse continuer à percevoir des aides tout en résidant à l’étranger, alors que d’autres prestations comme l’assurance chômage ou certaines aides familiales sont conditionnées à la présence sur le territoire national. Cette mesure viserait donc à harmoniser les règles entre différentes aides sociales et à éviter ce que certains considèrent comme des « abus ».
Une mesure qui risque d’isoler davantage les allotaires les plus précaires
La proposition devrait être discutée à l’Assemblée nationale au cours de l’année 2026. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une initiative parlementaire et aucune loi n’a été adoptée à ce jour, rappelle la même source.
Cette initiative devrait provoquer des débats tant à gauche qu’au sein de la majorité présidentielle. Certains craignent que cette mesure stigmatise les allocataires les plus précaires plutôt qu’elle ne résolve véritablement le problème des fraudes. Les associations de défense des droits sociaux rappellent que le RSA a pour vocation de garantir un minimum de ressources aux personnes en situation de précarité, et qu’une restriction sur les déplacements concerne seulement une minorité de bénéficiaires.
Un débat plus large sur le RSA
Cette proposition intervient dans un contexte plus large de réformes du RSA engagées depuis 2024‑2025, avec l’introduction d’obligations d’activité, telles que l’inscription à France Travail et la réalisation d’actions d’insertion, ainsi que des sanctions en cas de manquement. Ces réformes visent à renforcer l’accompagnement des bénéficiaires tout en assurant la cohérence du dispositif social.
Le débat promet d’être suivi de près, car il touche à des questions sensibles d’équité sociale, de lutte contre la fraude et de protection des personnes les plus vulnérables, tout en interrogeant sur les limites des droits liés aux prestations sociales en France.








