Le 14 janvier 2026, la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) a publié un rapport mettant en évidence l’augmentation marquée des dépenses liées aux médicaments innovants.
L’organisme public indique que ces traitements, dont une grande partie concerne l’oncologie, représentent une part croissante des remboursements effectués dans le cadre du système de santé. Selon les données communiquées, deux médicaments anticancéreux ont chacun dépassé le seuil d’un milliard d’euros de remboursement en 2024. La Cnam estime que l’essor rapide de ces produits, souvent très onéreux, exerce une pression croissante sur la soutenabilité financière du système de prise en charge. Elle précise que la part des remboursements consacrés à ces médicaments a fortement progressé au cours des dix dernières années.
La Cnam souligne que cette tendance concerne en particulier les traitements dits biologiques et les nouvelles thérapies ciblées, utilisés notamment en cancérologie, en hématologie et pour certaines pathologies rares. La progression des dépenses est liée à la fois à l’arrivée de nouveaux produits sur le marché et à l’élargissement des indications pour des traitements déjà existants.
Un modèle de financement remis en question par l’assurance maladie
L’assurance maladie précise que cette dynamique soulève des questions concernant le modèle actuel de financement des soins. Le rapport mentionne que le nombre de médicaments remboursés dont le coût unitaire dépasse les 10 000 euros a doublé entre 2015 et 2025. Ce phénomène s’accompagne d’une complexification des processus de négociation entre les autorités sanitaires et les laboratoires pharmaceutiques, en raison des niveaux de prix et des incertitudes thérapeutiques associées.

Face à ces évolutions, la Cnam recommande une révision des modalités de régulation économique, en insistant sur la nécessité d’un encadrement plus strict des prix à l’entrée des nouveaux traitements. Elle appelle également à renforcer l’évaluation médico-économique des produits de santé, afin d’ajuster le remboursement aux données d’efficacité réellement observées.
Le rapport évoque la possibilité de mettre en place des dispositifs de paiement fondés sur les résultats obtenus chez les patients, selon des critères définis à l’avance. Ce type de mécanisme est actuellement testé dans certains pays européens. La Cnam note que de telles approches pourraient constituer une piste pour limiter les risques de dépenses élevées sans bénéfices cliniques avérés.
L’organisme précise enfin que le niveau de remboursement des médicaments innovants reste conditionné par les décisions prises au sein de la Commission de la transparence de la Haute Autorité de santé, qui évalue leur service médical rendu. Ces évaluations influencent directement les conditions de prise en charge par l’assurance maladie et les négociations tarifaires avec les industriels.








