Le 14 janvier 2026, l’Assemblée nationale a voté en faveur de la réindexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation. Cette mesure concerne l’ensemble des tranches d’imposition.
Elle rétablit le principe d’ajustement annuel en fonction de la hausse des prix à la consommation. Le taux d’indexation retenu est de 1,1 %, selon les données issues du projet de loi de finances. Ce vote intervient après plusieurs mois de discussions entre l’exécutif, le Sénat et l’Assemblée nationale. Initialement, le gouvernement proposait un gel complet du barème, dans l’objectif de générer un surcroît de recettes estimé à deux milliards d’euros. Une telle mesure aurait conduit environ 200 000 foyers fiscaux à entrer dans le champ de l’imposition sur le revenu en 2026, selon les estimations transmises à la commission des Finances.
Le Sénat avait de son côté défendu une réindexation partielle, limitée à la tranche la plus basse. Cette version visait à éviter une hausse d’impôt pour les contribuables aux revenus les plus modestes, tout en conservant une partie de l’effet budgétaire attendu par le gouvernement. Ce compromis avait reçu un premier soutien de l’exécutif.
L’indexation de l’impôt sur le revenu adopté mais suspendu à la suite du processus budgétaire
En séance publique, les députés ont largement soutenu le rétablissement d’une indexation complète. Gabriel Attal, ancien Premier ministre et membre du groupe Renaissance, a déclaré : « Plutôt que d’augmenter les impôts sur la France qui travaille, assumons des économies ». De son côté, la ministre déléguée chargée des Comptes publics, Amélie de Montchalin, a indiqué : « Dans la situation budgétaire dans laquelle nous nous trouvons, nous pourrions demander par équité une petite contribution ».
Le sort final de la mesure reste incertain. Le gouvernement peut toujours activer l’article 49.3 ou recourir à une ordonnance budgétaire pour adopter le texte définitif du budget 2026. Le contenu validé par l’Assemblée nationale pourrait donc être modifié avant promulgation.
Le député Jean-Paul Mattéi, membre du groupe MoDem, a réagi à l’adoption du texte en affirmant : « À force de lâcher à tous les niveaux, on s’éloigne de l’objectif d’un déficit à 5 % du PIB », en référence à la trajectoire des finances publiques définie par l’exécutif. En parallèle, les députés ont voté la prolongation de la contribution différentielle sur les hauts revenus. Celle-ci resterait en vigueur jusqu’à ce que le déficit public repasse sous les 3 % du produit intérieur brut. Le maintien de la défiscalisation des pourboires jusqu’à 2028 a également été validé au cours de la même séance.







