Le nombre de dossiers de surendettement déposés en France a augmenté de manière significative en 2025, selon les chiffres communiqués par la Banque de France. L’institution a enregistré une progression de 9,8 % sur un an, confirmant une tendance déjà amorcée en 2023 et 2024.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a précisé ces données mercredi 14 janvier 2026, lors d’une audition devant la commission des Finances du Sénat. Selon lui, « nous sommes à plus de 9,8 % de dossiers déposés (en plus) par rapport à l’année précédente ». Le responsable a ajouté : « Nous voyons repartir depuis deux ans le nombre de dossiers de surendettement. » Face à cette hausse, la Banque de France a mobilisé des moyens humains supplémentaires afin de maintenir le rythme de traitement des dossiers. « Nous avons mis des effectifs supplémentaires sur le surendettement pour maintenir le traitement », a-t-il indiqué.
L’année 2024 avait déjà été marquée par une forte augmentation des situations de surendettement, avec 134 803 dossiers déposés, soit 10,8 % de plus qu’en 2023. La Banque de France tablait pourtant sur une hausse plus contenue pour 2025, estimée autour de 3 %. Le gouverneur a toutefois tenu à nuancer cette évolution : « Cela ne remet pas en cause des progrès sur la durée. Si je compare au pic de 2014, on est encore à -32 %. »
Le surendettement en hausse mais encore inférieur aux niveaux de 2019
Cette tendance à la hausse du surendettement s’explique en partie par le ralentissement économique observé en 2025 et par la pression exercée sur le pouvoir d’achat. L’inflation, bien que stabilisée en fin d’année, a contribué à fragiliser les ménages les plus modestes. Les dettes à la consommation, les loyers impayés et les découverts bancaires figurent parmi les principales causes de dépôt de dossiers. Selon les données de la Banque de France, les personnes concernées sont en majorité des foyers à faibles revenus, souvent des personnes seules ou en situation d’emploi précaire.
François Villeroy de Galhau a précisé que la Banque de France travaillait à des pistes d’amélioration pour accélérer la gestion des dossiers, notamment par « des progrès de simplification et d’intelligence artificielle ». L’objectif est de réduire les délais de traitement, actuellement de plusieurs semaines dans certaines antennes régionales.
En 2023, le nombre de dépôts de dossiers avait déjà augmenté de 8 % par rapport à 2022. Malgré cette progression continue, le volume global reste inférieur à celui de 2019, dernière année de référence avant les perturbations liées à la pandémie de Covid-19. À cette période, les dispositifs d’aide publique et les moratoires bancaires avaient temporairement freiné les dépôts de dossiers.
Le gouverneur a insisté sur le fait que le phénomène devait être observé sur le long terme, rappelant que la France comptait encore bien moins de cas qu’il y a dix ans. « Cela ne remet pas en cause des progrès sur la durée », a-t-il répété. Les prochaines données détaillées de la Banque de France, attendues en mars 2026, permettront de mesurer l’évolution par région et par catégorie de dettes.
Selon l’institution, le renforcement des dispositifs d’accompagnement, l’éducation financière et les outils de prévention du surendettement constituent des priorités pour 2026, dans un contexte où la situation économique reste fragile.








