La Banque de France communiquera jeudi 15 janvier 2026 les nouveaux taux des livrets d’épargne réglementée. Le gouverneur François Villeroy de Galhau a précisé devant la commission des Finances du Sénat que le Livret d’épargne populaire (LEP) conserverait un « avantage marqué » par rapport au Livret A.
Cette annonce s’inscrit dans le cadre de la révision semestrielle des taux, habituellement effectuée en janvier et en juillet. Cette mise à jour concerne les principaux placements détenus par les ménages, notamment le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le LEP. Ces taux sont calculés à partir d’une formule prenant en compte l’inflation et les taux interbancaires à court terme. La Banque de France finalisera ses recommandations après la publication, jeudi matin, des chiffres d’inflation pour décembre par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, sera ensuite chargé d’avaliser ou de modifier la proposition formulée par la Banque de France dans la journée. François Villeroy de Galhau a précisé que la formule actuelle devrait conduire à une légère baisse du rendement du Livret A, en raison du ralentissement de l’inflation. Il a toutefois ajouté qu’il proposerait « un taux du Livret A qui restera significativement supérieur à l’inflation » et un maintien de l’écart favorable au LEP, qu’il a décrit comme « le vrai produit d’épargne populaire, le plus avantageux pour les ménages modestes ».
Un avantage conservé pour le Livret d’épargne populaire
Le taux du Livret A, actuellement fixé à 1,7 %, sert également de référence au LDDS. Le LEP, réservé aux contribuables dont le revenu fiscal ne dépasse pas un certain plafond, affiche pour sa part un rendement de 2,7 % depuis le 1er août 2025, contre 3,5 % auparavant. Il reste ainsi le produit d’épargne le plus rémunérateur parmi les livrets réglementés.
Selon la Banque de France, l’inflation harmonisée en France s’établit à 0,7 % en décembre, un niveau nettement inférieur à la moyenne européenne estimée à 2 %. François Villeroy de Galhau a également rappelé que le taux d’épargne des ménages demeure élevé, à 18,4 % au troisième trimestre 2025, soit environ trois points au-dessus de son niveau d’avant la crise sanitaire.

Le gouverneur a enfin insisté sur la nécessité d’orienter davantage cette épargne vers l’économie productive. Il a souligné que « la France ne manque pas de crédits » mais qu’elle souffre d’un manque de fonds propres et de capital-risque, essentiels à l’innovation. Selon lui, le financement en fonds propres des sociétés non financières représente 85 % du produit intérieur brut dans la zone euro, contre 220 % aux États-Unis, un écart qui freine la capacité d’investissement et de croissance des entreprises.








