Le montant des fraudes sociales en France pour l’année 2025 est estimé à 14 milliards d’euros, selon une évaluation du Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS) publiée le 13 janvier 2026.
Ce chiffre représente une augmentation d’un milliard d’euros par rapport à l’estimation de 2024, en raison de l’inflation et de l’extension du périmètre d’évaluation. Malgré cette hausse, le taux des fraudes sociales reste stable par rapport à l’année précédente. Une part importante de cette fraude provient du travail dissimulé par des entreprises, représentant plus de 50 % de la somme totale. Parmi les secteurs les plus concernés figurent le bâtiment, l’hôtellerie-restauration, les transports, et les petits commerces alimentaires.
La fraude des bénéficiaires des prestations sociales représente quant à elle seulement un tiers de ce montant, une part bien moins importante que ce que l’on pourrait supposer. Le rapport souligne également que certaines activités, telles que les microentrepreneurs et les travailleurs des plateformes, contribuent à hauteur de 1,6 milliard d’euros au manque à gagner pour la Sécurité sociale.
Les microentrepreneurs, notamment ceux des plateformes numériques, représentent une catégorie particulièrement problématique. Le HCFiPS note que la part de microentrepreneurs ayant des anomalies dans leurs déclarations fiscales varie entre 34 et 39 %. Parmi les travailleurs des plateformes, environ 71 % déclarent un chiffre d’affaires inférieur au montant réel des transactions enregistrées, un chiffre qui grimpe à 90 % pour les livreurs à domicile et les chauffeurs VTC. Ces anomalies se produisent en grande partie parce que ces travailleurs n’ont souvent que peu ou pas de formation en gestion fiscale, rendant la sous-déclaration plus fréquente.
Difficultés de détection des fraudes sociales et de recouvrement
Bien que la détection des fraudes sociales progresse, notamment grâce à de nouveaux outils et moyens renforcés, le recouvrement reste limité. En 2024, 2 milliards d’euros de fraudes ont été détectés, mais seulement 680 millions d’euros ont pu être récupérés, soit environ 5 % du total théorique. Ce faible taux de recouvrement est dû à plusieurs facteurs, dont l’organisation du travail avec de nombreuses entreprises éphémères ou des sous-traitants qui disparaissent rapidement après avoir été prises en flagrant délit.

Dominique Libault, président du HCFiPS, souligne que beaucoup de fraudes proviennent de structures temporaires, souvent créées pour échapper aux contrôles. Le taux de fraude dans certains secteurs comme le BTP reste particulièrement élevé. Pour y remédier, le gouvernement prévoit l’introduction d’un prélèvement à la source pour les travailleurs des plateformes, une mesure qui pourrait réduire significativement la fraude, avec une première phase lancée dès 2026.








