Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a exprimé des préoccupations sur la gestion du déficit budgétaire français. Lors d’une intervention sur France Inter, il a alerté sur les dangers d’un « étouffement » de la France si le pays ne parvient pas à maîtriser son déficit budgétaire.
Selon lui, ce déficit pourrait entraîner un « étouffement budgétaire, économique et générationnel » en raison de l’augmentation des dépenses de retraite et du manque de mesures concrètes pour limiter les déficits publics. Villeroy de Galhau a insisté sur la nécessité de « sortir des postures » et de trouver « des vrais compromis » politiques pour stabiliser la situation économique du pays.
Il a également souligné l’importance de maintenir un déficit public inférieur à 5 % du PIB pour éviter de se retrouver dans une « zone rouge de danger » et a précisé que des décisions difficiles concernant les dépenses et les impôts doivent être prises pour atteindre cet objectif.
Les mesures nécessaires pour éviter le creusement du déficit budgétaire
En ce qui concerne les impôts, le gouverneur a expliqué que, bien qu’il soit nécessaire de stabiliser les dépenses publiques, il faut aussi reconnaître qu’il n’y a plus de moyens pour réduire les impôts. Il a mentionné la nécessité de prolonger la surtaxe sur les grandes entreprises pour financer les dépenses publiques, une mesure qui fait l’objet de divergences entre les parlementaires.
Villeroy de Galhau a également abordé la question des marchés financiers, rappelant que bien que la situation soit calme pour le moment, le « calme apparent » pourrait rapidement céder la place à une correction brutale. Il a mis en garde contre l’augmentation des risques de crise financière, en particulier dans un contexte géopolitique incertain et des dérégulations financières aux États-Unis.
Enfin, sur la question des taux d’intérêt, le gouverneur a évoqué la probable baisse du taux de rémunération du Livret A, qui pourrait passer de 1,7 % à 1,3 % ou 1,4 %, en raison de la baisse de l’inflation. Cependant, il a précisé que ce taux resterait « significativement supérieur à l’inflation », estimée à 0,8 %.
En matière de crédit immobilier, Villeroy de Galhau a indiqué que les taux d’intérêt, en moyenne autour de 3,1 % pour un crédit à vingt ans, rendent l’emprunt immobilier relativement attractif en ce moment. Il a également relevé que les crédits accordés en 2025 ont augmenté de 35 % par rapport à 2024, ce qui montre une reprise de l’activité économique.








