Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a exprimé ses préoccupations sur l’état actuel du débat budgétaire en France, qu’il juge inquiétant. Invité sur France Info, il a souligné que les débats actuels autour du budget, notamment concernant la Sécurité sociale, aggravent l’incertitude et compliquent la situation économique du pays.
Mercredi 26 novembre, lors d’une commission mixte paritaire, les députés et sénateurs n’ont pas réussi à parvenir à un compromis sur le budget de la Sécurité sociale, l’un des deux principaux projets de loi budgétaires en cours d’examen au Parlement. Selon François Villeroy de Galhau, cet échec est un « chaos supplémentaire » qui s’ajoute à un processus déjà compliqué. Il a précisé, dans son intervention sur France Info, que l’objectif du débat budgétaire devrait être de réduire l’incertitude, mais que, pour l’instant, il semble plutôt l’accentuer. « Ce n’est pas la fin du débat budgétaire, mais ce qui s’est passé hier soir est un chaos supplémentaire sur un chemin qui est déjà tortueux », a-t-il déclaré.
François Villeroy de Galhau a appelé à dépasser cette confusion et à parvenir à des compromis plus durables. Il a exprimé l’espoir de trouver une vision à long terme pour les finances publiques, soulignant que des solutions « par le haut » sont possibles, comme l’ont montré certains de nos voisins européens qui ont résolu leurs problèmes budgétaires.
L’impact économique de l’incertitude sur le budget 2026
Malgré cette instabilité, le gouverneur de la Banque de France a précisé que l’économie française résistait plutôt bien, grâce au dynamisme des entrepreneurs et à l’engagement des citoyens. Il a estimé que la croissance pour 2025 devrait être de 0,7%, tout en soulignant que l’incertitude actuelle coûte environ 0,5 point de croissance à l’économie. Il a aussi noté que la part de cette incertitude attribuable à la politique intérieure représente environ 0,2 point de cette perte.
François Villeroy de Galhau a mis en garde contre le risque d’un « étouffement progressif » de l’économie française en raison de la hausse de la dette publique. Si la France ne risque pas de faire faillite, le gouverneur estime que l’augmentation des charges d’intérêt liées à la dette pourrait avoir des conséquences graves. « Cette dette qui augmente nous coûte, en charges d’intérêt, des dizaines de milliards d’euros de plus », a-t-il précisé, ajoutant que, de 30 milliards d’euros en 2020, les charges d’intérêt pourraient atteindre plus de 100 milliards d’euros d’ici la fin de la décennie.
Pour réduire cette pression, François Villeroy de Galhau a insisté sur la nécessité de ramener le déficit public sous le seuil des 3% d’ici 2029. En l’état actuel, le déficit prévu pour 2025 est de 5,4%, et le gouverneur a estimé qu’un déficit de 4,8% au maximum pour 2026 serait nécessaire pour que la trajectoire budgétaire soit crédible.








