Le mardi 25 novembre 2025, lors de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, le Sénat a supprimé l’article 45 bis qui prévoyait de suspendre la réforme des retraites jusqu’au 1er janvier 2028.
Cette mesure visait à geler les évolutions de la réforme des retraites pendant deux ans, soit jusqu’après l’élection présidentielle de 2027. 190 sénateurs ont voté en faveur du maintien de la réforme des retraites, tandis que 108 sénateurs ont soutenu la suspension de la réforme en rejetant les amendements de suppression. Cette décision intervient après des annonces préalables des sénateurs, qui avaient exprimé leur opposition à la mise en pause de la réforme.
Olivier Henno, sénateur centriste, a expliqué, dans l’exposé de son amendement, qu’il refusait « d’alimenter une dérive normative et financière contraire à l’esprit de responsabilité qui doit présider à la gestion de nos comptes sociaux ». De son côté, Emmanuel Capus, sénateur indépendant du Maine-et-Loire, a déclaré que « la suspension de la réforme des retraites serait certainement la pire décision politique des dernières décennies », faisant référence à la décision de 1981 qui avait abaissé l’âge de départ à la retraite à 60 ans.
Contexte de la suspension de la réforme des retraites
La suspension de la réforme des retraites avait été introduite dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 en réponse à un compromis avec la gauche, et notamment les socialistes. Le gouvernement avait proposé un gel de l’âge légal de départ à la retraite à 62 ans et 9 mois, ainsi que le maintien de la durée de cotisation à 170 trimestres, au lieu d’augmenter ces valeurs comme prévu dans la réforme initiale.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait fait cette concession dans le cadre d’un accord avec les partis de gauche. Toutefois, le président Emmanuel Macron a précisé que cette mesure ne correspondait pas à une véritable suspension de la réforme, mais plutôt à un « décalage » de son application. En effet, l’âge légal de départ à la retraite devait atteindre 64 ans pour les générations nées après 1968, mais ce passage à 64 ans pourrait être repoussé à 1969 si la réforme prend effet après l’élection présidentielle de 2027. De même, l’atteinte des 172 trimestres serait décalée à partir de la génération née en 1966, au lieu de 1965.
Perspectives d’avenir
Bien que la suppression de l‘article 45 bis ait eu lieu au Sénat, le texte du projet de loi doit encore être soumis à un vote solennel à la chambre haute du Parlement. Une commission mixte paritaire pourrait être réunie pour tenter de trouver un compromis entre l’Assemblée nationale et le Sénat. En cas d’échec, le texte sera renvoyé à l’Assemblée nationale pour une nouvelle lecture.
Le débat sur la réforme des retraites reste un point de friction majeur entre les partis politiques, notamment entre la gauche, qui soutient la suspension, et les Républicains, qui se sont opposés à cette mesure.








