L’Assemblée nationale a voté en première lecture la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. Présentée comme une mesure en faveur du pouvoir d’achat, elle reste soumise à l’issue du processus budgétaire. Son impact potentiel sur les prix interroge.
Adoptée de justesse le jeudi 20 novembre par 70 voix contre 62, cette mesure portée par les députés de La France insoumise s’inscrit dans un ensemble d’amendements au projet de loi de finances 2026. Elle vise à alléger le coût des dépenses courantes pour les ménages les plus modestes, en supprimant la taxe sur la valeur ajoutée actuellement appliquée à certains biens de consommation courante. Le même amendement prévoyait aussi un blocage temporaire des prix dans la grande distribution, disposition immédiatement contestée et jugée contraire aux règles européennes par plusieurs élus.
Une suppression qui ne fait pas l’unanimité
Le gouvernement, la droite et le Rassemblement national se sont opposés à cette suppression de la TVA, arguant de sa fragilité juridique. Le rapporteur général du budget, Philippe Juvin, a souligné un risque d’inconstitutionnalité, tandis que Jean-Philippe Tanguy, député RN, a dénoncé une mesure inefficace et irréaliste. Pour l’instant, le texte doit encore passer par le Sénat puis revenir à l’Assemblée. Son avenir dépend largement du sort réservé à la partie « recettes » du budget, menacée de rejet global avant la fin de l’examen parlementaire.
Quels produits seraient impacter par a suppression de la TVA
En cas d’adoption définitive, les produits concernés seraient ceux définis comme de première nécessité. Selon les premières estimations, il s’agirait de produits alimentaires non périssables comme le riz, les pâtes, le pain, les œufs, les conserves, le lait ou l’eau, ainsi que des produits d’hygiène tels que le savon, les protections menstruelles ou le dentifrice. La liste exacte devra être fixée par décret, en lien avec les associations de consommateurs.
Le passage de 5,5 % à 0 % de TVA entraînerait une baisse immédiate des prix. Un paquet de pâtes vendu 1,25 euro coûterait 1,18 euro. Une boîte de 12 œufs passerait de 3,15 euros à 2,99 euros. Un pack de lait actuellement à 6,48 euros tomberait à 6,15 euros. Sur un panier type regroupant ces articles, l’économie réalisée s’élèverait à environ 80 centimes, détaille RMC. Si ce chiffre peut sembler faible à l’échelle d’un achat, il pourrait devenir significatif en fin de mois, en particulier pour les familles nombreuses.
Le gain reste néanmoins marginal à court terme. Pour les défenseurs du texte, la portée de la mesure est aussi symbolique : elle introduit une progressivité indirecte dans la fiscalité sur la consommation, en allégeant la charge fiscale des foyers les plus modestes, qui consacrent une part plus importante de leurs revenus à l’alimentation et à l’hygiène de base.








