Lundi 17 novembre 2025, plusieurs dizaines de buralistes se sont rassemblés près du Sénat pour demander un moratoire sur les hausses successives des prix du tabac. Cet appel intervient avant l’examen en séance du projet de loi de finances de la Sécurité sociale.
Les professionnels du secteur souhaitent l’arrêt de l’augmentation des prix, qu’ils jugent responsables d’une forte augmentation de la contrebande et de la contrefaçon. Selon Serdar Kaya, président de la Confédération nationale des buralistes, cette hausse a conduit à un prix moyen de 13 euros par paquet, soit une augmentation de 6 euros depuis 2017.
Les buralistes sont particulièrement préoccupés par un amendement qui pourrait être réintroduit au Sénat. Cet amendement propose une hausse de 10% par an jusqu’en 2032, pour atteindre un prix de 25 euros par paquet. Cette perspective alarme la profession, qui redoute d’aggraver encore les écarts avec les prix pratiqués dans les pays voisins, où de nombreux fumeurs français se fournissent.
Une profession en difficulté face à la hausse des prix du tabac
L’impact de cette situation sur les finances publiques est également préoccupant. En 2023, selon les douanes, la part de la consommation de tabac échappant à la fiscalité nationale (le trafic illégal) représente un manque à gagner fiscal de 4,3 milliards d’euros. Les buralistes estiment que cette situation est en grande partie alimentée par les écarts de prix entre la France et ses voisins, où le tabac est souvent moins cher.
Pour contrer ce phénomène, Serdar Kaya a indiqué que des discussions avaient eu lieu avec la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, et que le gouvernement serait opposé à toute nouvelle hausse des prix, hormis pour ajuster en fonction de l’inflation. La position du gouvernement a rassuré les buralistes, qui s’inquiétaient d’une politique de hausses continues.
En réponse à cette situation, la ministre des Comptes publics a également exprimé son souhait de rétablir une règle limitant à une seule cartouche de cigarettes par personne le franchissement des frontières intra-européennes, contre quatre actuellement. Cette mesure pourrait réduire l’importation illégale de tabac et limiter l’impact du marché parallèle sur les revenus des buralistes.
Les buralistes soulignent que la hausse continue des prix du tabac a des conséquences néfastes sur leur activité, en alimentant le marché parallèle. Ils demandent une stabilité des prix pour lutter contre le trafic et la perte de revenus associés à la vente illégale de cigarettes. Ces mesures ont des implications économiques importantes pour le secteur, qui voit son rôle de régulateur sur le marché du tabac mis à mal par la concurrence illégale.








