Une récente étude de l’OCDE met en lumière les disparités salariales entre les immigrés et les natifs sur le marché du travail en France. En effet, les immigrés touchent en moyenne 28 % de moins que les travailleurs français lors de leur arrivée, mais cet écart se réduit progressivement au fil des années grâce à la mobilité professionnelle et à l’ascension dans des postes mieux rémunérés.
D’après l’OCDE, les immigrés arrivent sur le marché du travail avec des salaires bien inférieurs à ceux des natifs, même lorsqu’ils ont un âge et un sexe similaires. Ce phénomène est observé dans une quinzaine de pays, dont la France, où l’écart est d’environ 28 %. L’étude rapportée par Le Monde se base sur les données de plus de sept millions de nouveaux immigrants en emploi, principalement originaires d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie et d’Europe.
Les immigrés se concentrent souvent dans des secteurs moins rémunérés tels que l’hôtellerie, l’agriculture et les services, notamment la sécurité et le nettoyage. Ces secteurs, moins rémunérateurs, expliquent en grande partie cet écart salarial. À l’intérieur même de ces secteurs, les immigrés occupent des postes dans des entreprises moins productives et plus petites, où les rémunérations sont moins élevées.
En outre, les immigrés sont plus souvent à temps partiel, une situation qu’ils subissent souvent et qui les place dans des emplois moins bien rémunérés. L’OCDE souligne que, même à profession égale, les immigrés perçoivent un salaire inférieur à celui des natifs. Bien que de nombreux facteurs contribuent à cet écart, l’OCDE évoque la question de l’ancienneté, de la maîtrise de la langue, des qualifications et des discriminations possibles.
Une réduction de l’écart salarial entre les natifs et les immigrés au fil du temps
Cependant, l’étude de l’OCDE met également en évidence une réduction progressive de cet écart salarial au fil des années. En moyenne, au bout de cinq ans, l’écart salarial se réduit de moitié, passant de 34 % à 21 %. En France, cet écart tombe à 19 % après cinq ans et même à 14 % après dix ans. Cette amélioration est en grande partie due à la mobilité professionnelle, les immigrés changeant de secteurs et d’entreprises au fur et à mesure qu’ils acquièrent de l’expérience et de l’ancienneté.
Ce phénomène montre que, avec le temps, les immigrés accèdent à des postes mieux rémunérés et ont plus de chances de progresser dans leur carrière. Les travailleurs immigrés bénéficient également de conditions améliorées au sein de leurs entreprises d’origine, notamment en travaillant plus d’heures et en occupant des postes mieux rémunérés à mesure qu’ils acquièrent de l’expérience.
Les recommandations de l’OCDE
Malgré cette amélioration, l’OCDE souligne qu’il existe encore un « phénomène de déclassement » chez de nombreux immigrés. En effet, ceux-ci occupent souvent des professions moins qualifiées et moins bien rémunérées que leur niveau de formation ne le suggérerait. Cela souligne la nécessité de renforcer les politiques de reconnaissance des diplômes et des qualifications, qui permettraient aux immigrés d’accéder à des emplois plus qualifiés et mieux rémunérés.
L’OCDE appelle également à favoriser la mobilité professionnelle des immigrés en améliorant l’accès à l’information sur le marché du travail, en fournissant des services d’orientation professionnelle et en luttant contre la discrimination sur le marché du logement. Ces politiques pourraient améliorer les opportunités d'emploi et contribuer à une réduction plus rapide des écarts salariaux entre les immigrés et les natifs.








