La revalorisation des pensions complémentaires Agirc-Arrco a été gelée au 1er novembre 2025, faute d’un accord entre syndicats et patronat. Pour les retraités, notamment ceux du privé, les mauvaises nouvelles ne s’arrêtent pas là puisque le gouvernement prévoit également de suspendre la revalorisation des pensions de base dès janvier 2026. La question qui se pose est de savoir combien vont perdre les retraités avec cette double ponction
Chaque année, les partenaires sociaux décident du taux de revalorisation des pensions complémentaires en tenant compte de l’inflation et de la situation financière du régime. Cette année, les négociations ont échoué. Le patronat, inquiet de l’instabilité économique et politique, proposait le taux minimal de 0,2 %, tandis que les syndicats réclamaient un ajustement plus proche de l’inflation, autour de 0,6 %. Sans accord, la valeur d’achat du point Agirc-Arrco reste donc inchangée.
L’Agirc-Arrco dispose pourtant de réserves importantes, supérieures à 85 milliards d’euros, et la règle d’or garantit au moins six mois de versements. Mais la suspension de la réforme des retraites décidée par le gouvernement a crispé les discussions. Pour les retraités, ce gel entraîne une perte directe sur leurs revenus mensuels.
Selon les estimations, un retraité percevant 1 400 euros net par mois perdra environ 11 euros, tandis qu’un pensionné touchant 4 000 euros net sera privé de près de 28 euros par mois. Sur l’année, le manque à gagner varie donc de 136 à 340 euros, selon le niveau de pension.
Quid de la retraite de base ?
À cette mauvaise nouvelle s’ajoute le gel prévu des pensions de base en janvier 2026, dans le cadre du projet de loi de finances de la sécurité sociale pour 2026. Avec une inflation estimée à 1 % pour 2025, cette décision renforce l’impact financier pour les retraités. Sans ce gel, les pensions auraient normalement été revalorisées de 0,9 % au 1ᵉʳ janvier. Si le gel voulu par le gouvernement est voté, aucun ajustement ne sera appliqué. Les retraités devront, alors, faire face à une perte cumulée sur leurs deux pensions.
Selon les calculs de Notre Temps, un retraité touchant 1 400 euros par mois, dont 980 euros de pension de base et 420 euros de pension Agirc-Arrco, sa perte mensuelle sera de 11,34 euros, soit 136,08 euros sur l’année. Un retraité avec une pension totale de 2 800 euros, équitablement répartie entre les deux régimes, perdra 21 euros par mois, soit 252 euros annuels.
Enfin, pour un retraité percevant 4 000 euros par mois, dont 1 440 euros de base et 2 560 euros de complémentaire, le manque à gagner s’élève à 28,32 euros chaque mois, soit 339,84 euros sur l’année.
Pour les millions de retraités concernés, la situation sera particulièrement sensible, notamment pour ceux dont la pension complémentaire représente une part importante de leur revenu total. Les syndicats, de leur côté, dénoncent un manque de geste en faveur des retraités.








