Hausse du chômage : comment la réforme du RSA fausse les statistiques

Derrière la hausse du chômage, c’est surtout un effet de périmètre qui gonfle les chiffres, bien plus qu’un véritable recul de l’emploi.

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France Travail
France Travail condamnée à une amende de 5 millions d'euros par la CNIL pour manque de sécurité des données - Crédit : AFP | Econostrum.info

Le nombre de chômeurs a légèrement augmenté au troisième trimestre, selon les données publiées ce mardi par la Dares. Une évolution qui interroge sur la réalité du marché du travail en France.

Après plusieurs mois de relative stabilité, la courbe du chômage connaît un léger rebond. Selon les données publiées mardi par la Dares et France Travail, le nombre de demandeurs d’emploi totalement sans activité (catégorie A) a progressé de 1,6 % entre juillet et septembre 2025. Une hausse qui peut sembler significative, mais qui s’explique avant tout par des changements administratifs plus que par une réelle dégradation du marché du travail.

L’impact des nouvelles règles d’inscription sur les chiffres du chômage

Depuis l’entrée en vigueur de la réforme du service public de l’emploi, l’inscription à France Travail est désormais obligatoire pour les allocataires du revenu de solidarité active (RSA) ainsi que pour certains jeunes suivis dans des parcours d’insertion. Ces nouvelles obligations ont mécaniquement gonflé les statistiques : des publics jusqu’ici absents des fichiers de l’opérateur se retrouvent désormais comptabilisés parmi les chômeurs.

En moyenne, 3,26 millions de personnes figuraient cet été dans la catégorie A, soit 51 000 de plus qu’au trimestre précédent. Sur un an, la progression atteint 7,6 %. Mais en retirant ces nouveaux inscrits, la hausse tombe à 0,7 %. Autrement dit, sans ces ajustements administratifs, la tendance serait quasi stable.

La Dares souligne également un autre facteur : la forte baisse des radiations administratives depuis la mise en place, en juin, d’un nouveau régime de sanctions jugé plus progressif. Le nombre de radiations mensuelles est passé de 45 000 au début de l’année à environ 2 000 pendant l’été. Ce changement a logiquement contribué à maintenir davantage de personnes dans les listes de France Travail.

Un marché de l’emploi toujours solide

Derrière cette hausse apparente, les indicateurs du marché du travail restent globalement positifs. L’emploi salarié se maintient, la dynamique de recrutement demeure stable et les entreprises continuent de signaler des difficultés à embaucher dans certains secteurs. Sans les effets mécaniques liés aux nouvelles règles, le nombre de demandeurs d’emploi aurait même reculé de 1 % au troisième trimestre, selon les estimations du ministère du Travail.

Pour l’ensemble des catégories A, B et C – incluant ceux qui exercent une activité réduite – le total atteint 5,7 millions d’inscrits, en hausse de 1,5 % sur le trimestre. Là encore, la progression se réduit à 0,8 % une fois corrigée des inscriptions automatiques. La hausse du chômage, cette fois, relève surtout d’un effet de périmètre.

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