Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, estime que d’autres régimes de retraite pourraient être envisagés en France. Dans un entretien publié ce week-end, il évoque des pistes comme la capitalisation ou un système à points. Une position qui intervient alors que le gouvernement propose de suspendre la réforme actuelle jusqu’en 2027.
Dans un échange avec Ouest-France, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, a déclaré que d’autres régimes de retraite étaient « possibles » en France. Cette déclaration intervient alors que le système actuel, basé sur la répartition, reste au cœur des débats sociaux depuis plusieurs années. L’ancien patron de la SNCF cite notamment le système à points, qui avait été envisagé sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron avant d’être abandonné avec la crise sanitaire de 2020.
Ce système à points aurait pour principe de laisser davantage de flexibilité aux assurés sur le choix de leur date de départ, en fonction du nombre de points accumulés au cours de la carrière. Le ministre évoque également la piste de la capitalisation, où chacun constituerait son propre capital retraite, une option souvent débattue mais jamais mise en œuvre dans le système de retraite de base français. Enfin, il évoque un modèle mixte, qui combinerait plusieurs mécanismes existants.
Une nouvelle concertation sur l’avenir du système de retraite
Ces déclarations s’inscrivent dans un contexte plus large de relance du dialogue social sur les retraites. Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a proposé la suspension de la réforme de 2023 jusqu’à l’élection présidentielle de 2027, afin de rouvrir la concertation. Une conférence sociale doit être organisée dans les prochains mois avec les partenaires sociaux.
Selon Jean-Pierre Farandou, si un accord est trouvé d’ici le printemps prochain, le gouvernement pourra le transposer dans la loi, avec un passage devant le Parlement. L’enjeu sera ensuite de laisser aux futurs candidats à la présidentielle le soin de proposer un cap plus clair sur l’architecture du système à long terme.
Un tournant dans la méthode, pas encore dans les choix
Le ministre insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de lancer une nouvelle réforme immédiate, mais bien de réouvrir le champ des possibles. « Tout cela mérite d’être étudié, pensé, discuté, débattu », affirme-t-il, en évoquant un choix de société, plutôt qu’un simple ajustement technique. Cette approche marque une inflexion dans la méthode, privilégiant désormais la consultation à l’imposition.
Aucune décision n’est actée pour l’instant. Mais en mentionnant ouvertement des options jusqu’ici écartées du débat public — comme la capitalisation — le gouvernement montre qu’il est prêt à revoir les fondements du système, à condition qu’un consensus politique et social puisse émerger.








