Le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a annoncé, vendredi, qu’il allait déposer un amendement au projet de loi de finances pour 2026 afin de créer un « statut du bailleur privé ». Cette mesure fiscale vise à encourager les particuliers à investir de nouveau dans le logement locatif, un secteur en pleine crise.
« La lettre de mission confiée par le Premier ministre a été claire et demande un plan d’urgence pour le monde du logement. Nous avons de toutes parts des signaux d’une crise qui arrive à son paroxysme, il est urgent d’inverser la tendance », a affirmé le ministre, ex-LR, récemment nommé.
Selon lui, cette initiative représente « un signal fort » envoyé au secteur immobilier, aujourd’hui touché dans toutes ses composantes : construction neuve en chute libre, blocage du logement social et difficultés accrues sur le marché locatif.
Une première version centrée sur l’amortissement fiscal
La première mouture de l’amendement gouvernemental prévoirait la mise en place d’un amortissement fiscal de 2 % sur les revenus locatifs pour les logements neufs. Concrètement, cela permettrait aux propriétaires bailleurs de réduire leur base imposable et donc leurs impôts.
Les logements anciens seraient également concernés, à condition que les propriétaires engagent des travaux de rénovation énergétique. L’objectif est double : soutenir la relance de l’investissement tout en améliorant la performance énergétique du parc immobilier français.
Un texte encore en discussion
Pour l’heure, les détails du dispositif ne sont pas encore finalisés. Le ministre précise que le texte fait encore l’objet d’échanges avec le ministère de l’Économie et les professionnels du logement. « Rien n’est fixé et tout sera débattu au Parlement », assure Vincent Jeanbrun.
Le projet s’appuie sur les travaux engagés par l’ancienne ministre du Logement, Valérie Létard (UDI), qui avait confié au sénateur LR Marc-Philippe Daubresse et au député MoDem Mickaël Cosson la mission de formuler des propositions pour relancer l’investissement locatif.
Le rapport remis fin juin recommandait notamment plusieurs incitations fiscales : bonus pour les loyers abordables, exonération d’impôts après vingt ans de détention d’un bien et exclusion des logements loués en résidence principale de l’assiette de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI). À ce stade, le ministère du Logement ne précise pas si ces pistes seront retenues.
Une mesure très attendue après la fin du dispositif Pinel
L’annonce du ministre intervient dans un contexte particulièrement tendu pour le logement. Depuis la fin du dispositif Pinel fin 2024, jugé trop coûteux pour les finances publiques, le marché de l’investissement locatif s’est fortement contracté.
Le nombre de logements neufs achetés par des investisseurs particuliers a été divisé par deux entre le premier semestre 2024 et la même période en 2025. Les promoteurs immobiliers, qui réclamaient depuis plusieurs mois un geste du gouvernement, saluent aujourd’hui cette orientation jugée indispensable à la relance du secteur.
Une réponse à une crise sans précédent
Face à l’effondrement du nombre de mises en chantier et à la hausse continue des prix du foncier, l’État cherche à redonner confiance aux investisseurs privés. Pour Vincent Jeanbrun, l’urgence est d’enrayer la spirale de la crise du logement et de rétablir une dynamique d’investissement sur tout le territoire.
Si le contenu exact de ce futur « statut du bailleur privé » doit encore être précisé, son adoption dans le cadre du budget 2026 pourrait marquer un tournant dans la politique du logement. Le gouvernement espère ainsi réconcilier fiscalité, attractivité et efficacité énergétique pour relancer durablement le parc locatif français.








