Ce vendredi 17 octobre, syndicats et patronat se retrouvent autour de la table pour trancher sur la revalorisation annuelle des pensions complémentaires Agirc-Arrco, versées à près de 14 millions de retraités du privé. Une réunion très attendue, car elle déterminera le niveau d’augmentation appliqué dès le 1er novembre 2025.
Chaque automne, le conseil d’administration de l’Agirc-Arrco fixe le taux de revalorisation des pensions en fonction d’une formule bien rodée : évolution des prix à la consommation hors tabac (estimée à 1 % pour 2025), moins 0,4 point. Ce calcul donne un taux minimal de 0,6 %, sur lequel les partenaires sociaux disposent d’une marge de négociation de ±0,4 point. Autrement dit, la hausse finale pourrait se situer entre 0,2 % et 1 %, selon l’équilibre trouvé ce vendredi.
L’an dernier, les pensions complémentaires avaient augmenté de 1,6 %. Mais cette année, le contexte économique est moins favorable. La croissance molle, la hausse du chômage et le gel de la réforme des retraites fragilisent les rentrées de cotisations, poussant la partie patronale à jouer la prudence. « Nous allons être prudents (…) Le régime complémentaire n’a pas vocation à compenser les défaillances de l’État », dit Éric Chevée, de la CPME, cité par Ouest-France.
Du côté syndical, le ton est tout autre. La CGT et FO plaident pour le taux maximum de 1 %, estimant que le régime dispose d’une trésorerie solide, avec 85 milliards d’euros de réserves, soit de quoi tenir six mois de prestations sur quinze ans.
« Cela ne remettrait nullement en cause la règle d’or du pilotage du régime, souligne Michel Beaugas, de FO. À savoir six mois de réserves en permanence sur quinze ans » La CGT réclame, elle, davantage : « Nous réclamons également l’ouverture de négociations, pour un avenant à l’accord actuel, ouvrant un rattrapage des sous-indexations précédentes, s’élevant à 10 % au moins », déclare Denis Gravouil, de la CGT.
La hausse sera visible sur les pensions de retraite Agirc-Arrco de novembre
Si la hausse minimale de 0,6 % est confirmée, les retraités verront un léger mieux sur leur compte dès le lundi 3 novembre, date du versement de la pension revalorisée. Pour une retraite complémentaire moyenne de 420 euros, cela représenterait environ 4,2 euros supplémentaires par mois. Un montant modeste, mais toujours bienvenu face à la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation.
Car dans les faits, les dépenses des retraités continuent d’augmenter plus vite que leurs pensions. Les prix de l’alimentaire ont progressé de 2 % cette année, et ceux du logement de 2,2 %, tandis que les coûts de l’énergie ont bondi de 3,5 %. Pour beaucoup, la retraite complémentaire constitue 30 à 40 % du revenu total, un pilier essentiel de leur pouvoir d’achat.
Le résultat de la négociation de ce vendredi sera donc scruté de près. Si aucun accord majoritaire n’est trouvé, la revalorisation pourrait même rester à 0 %, comme le prévoit la règle du régime. Mais un tel scénario paraît improbable tant les syndicats sont déterminés à arracher une hausse, même symbolique. Qu’elle soit de 0,6 % ou de 1 %, la décision fixera le ton d’une fin d’année sociale déjà sous tension pour les retraités du privé.








