La dette française revient au devant de la scène. La démission de Sébastien Lecornu du poste de Premier ministre, annoncée ce lundi 6 octobre, a entraîné une réaction immédiate sur les marchés obligataires. Le rendement des titres d’emprunt de l’État français a enregistré une progression notable, signe d’une perception accrue du risque politique.
À 10h00, le taux de l’obligation française à 10 ans a augmenté de 7 points de base, atteignant 3,58 %. Cette évolution représente une hausse de 1,79 % par rapport à la veille. Ce niveau de rendement rapproche désormais la dette française de celle de l’Italie, qui se finançait historiquement à des taux plus élevés que ceux de la France.
Élargissement de l’écart avec l’Allemagne et réactions des analystes sur l’augmentation des taux d'emprunt de la dette française
Parallèlement, l’écart entre les taux français et allemands à 10 ans (spread) s’est creusé. Il est passé de 79,97 à 87 points de base, soit son plus haut niveau depuis janvier. Cet écart est interprété par les investisseurs comme une indication de la prime de risque demandée pour détenir de la dette française, dans un contexte perçu comme plus instable.
Jordan Rocheste, responsable de la macroéconomie chez Mizuho, a déclaré à Bloomberg : « J’ai du mal à comprendre comment la France pourrait éviter des élections alors que ce parlement n’a pas de mandat. » De son côté, Luigi Buttiglione, fondateur du cabinet de conseil LB Macro, estime que « l’économie française risque de pâtir de la perte de confiance accrue et inévitable du secteur privé, ce qui impacterait l’activité dans toute l’UE, compte tenu du poids de la France ».
Sébastien Lecornu, nommé le 9 septembre, avait annoncé la composition partielle de son gouvernement la veille. Cette équipe, rapidement critiquée par l’opposition et une partie de la droite, n’aura été en fonction qu’une douzaine d’heures. Selon un communiqué de l’Élysée, la démission du Premier ministre a été acceptée par le président de la République Emmanuel Macron.
Cette situation relance le débat sur les suites institutionnelles possibles. Plusieurs responsables politiques évoquent désormais la possibilité d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale, voire d’un retrait du chef de l’État. La succession de ces événements contribue à accroître la nervosité des marchés financiers à court terme.
Le rappel de la réaction immédiate des marchés, en particulier sur la dette souveraine, intervient dans un contexte où la stabilité politique est étroitement observée par les acteurs économiques, tant en France qu’au sein de la zone euro.








