Prêt-à-porter français en crise : Un grand groupe placé redressement judiciaire, plus de 1000 emplois menacés

Le secteur du prêt-à-porter français est en crise. Un autre groupe a été placé en redressement judiciaire.

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Prêt-à-porter français en crise : Un grand groupe placé redressement judiciaire, plus de 1000 emplois menacés. Crédit : Valérie Dubois/Hans Lucas via AFP | Econostrum.info

Le groupe de prêt-à-porter IKKS a été placé en redressement judiciaire par le tribunal des activités économiques de Paris. Cette décision concerne la société IKKS France, entité principale du groupe, selon des informations confirmées par l’Agence France-Presse.

Les filiales espagnoles et belges ne sont pas incluses dans la procédure. Cette décision ouvre une période d’observation jusqu’en avril 2026. L’entreprise, qui emploie plus de 1 000 personnes, traverse une situation financière difficile liée à plusieurs facteurs économiques.

Fondée en 1987 dans le Maine-et-Loire, la marque appartient au fonds américain Avenue Capital Group. Le groupe, qui comprend également les marques I.Code et One Step, compte environ 600 points de vente et 1 500 collaborateurs dans le monde. Sa clientèle cible se situe dans le segment du prêt-à-porter dit urbain.

L’entreprise de prêt-à-porter a connu des difficultés de trésorerie à plusieurs reprises depuis la pandémie de Covid-19, qui a entraîné un ralentissement des ventes en boutique et une modification durable des comportements d’achat. La montée du marché de la seconde main, particulièrement marquée sur le segment junior, a aussi réduit ses parts de marché.

Selon les informations relayées par le quotidien Les Échos, la société avait déjà bénéficié d’un abandon partiel de dettes et d’un apport en liquidités de la part de ses actionnaires en 2024. Malgré ces mesures, IKKS a été déclarée en cessation de paiements avant d’être placée sous redressement judiciaire. L’entreprise a été fragilisée par la hausse du coût des matières premières, de l’énergie et des loyers commerciaux, ainsi que par la guerre en Ukraine, qui représentait environ 12 % de ses approvisionnements avant le conflit.

Une situation qui s’inscrit dans la crise du prêt-à-porter français

En février 2024, IKKS avait lancé un plan de sauvegarde de l’emploi prévoyant la suppression de 202 postes sur un total de 1 328 en France. Ce plan s’accompagnait de la fermeture de 77 points de vente, dont plusieurs corners implantés dans des grands magasins. Après reclassement, 140 postes avaient finalement été supprimés. Le président du groupe, Ludovic Manzon, avait alors déclaré que « le jeu du reclassement » avait permis d’éviter davantage de licenciements.

Une source proche du dossier a indiqué à l’AFP qu’un financement de 30 millions d’euros avait été mobilisé pour tenter de rétablir la rentabilité de l’entreprise. Malgré ces efforts, l’activité du groupe reste affectée par la concurrence accrue des enseignes internationales et des plateformes de mode rapide. IKKS rejoint ainsi plusieurs marques françaises du secteur placées en difficulté ces dernières années, dont Camaïeu, Kookaï, San Marina, Gap France, Minelli, et Kaporal.

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