La question des impôts est au centre des débats avant le vote du budget 2026. C’est dans ce contexte que le président de la République, Emmanuel Macron, s’est exprimé le lundi 29 septembre 2025 en faveur d’une suppression de la fiscalité et des cotisations sociales appliquées aux pourboires dans le secteur de la restauration.
Cette déclaration a été faite lors d’une rencontre à l’Élysée avec environ cent professionnels du secteur, dont plusieurs chefs cuisiniers reconnus. Depuis 2022, les pourboires perçus, y compris ceux réglés par carte bancaire, sont exonérés de charges fiscales et sociales pour les salariés du commerce au contact direct avec le public, dès lors que leur rémunération ne dépasse pas 1,6 fois le salaire minimum.
Ce dispositif d’exonération d’impôts doit s’achever au 31 décembre 2025. Emmanuel Macron a appelé à prolonger et élargir cette mesure, en déclarant : « on doit supprimer toute la fiscalité et les charges sur les pourboires », ajoutant que ces sommes « doivent pleinement aller dans la poche de ceux qui travaillent ».
Le Président a également évoqué les difficultés rencontrées par les professionnels de la restauration, mentionnant une baisse de fréquentation, des coûts élevés et des difficultés de recrutement. Il a affirmé : « les temps sont difficiles » et « il y a une difficulté de pouvoir d’achat, ce qui fait que dans beaucoup d’endroits, le restaurant, qui est une tradition, on s’y rend moins souvent ».
Divergences d’opinion sur l’impôt sur les pourboires
Plusieurs organisations syndicales ont exprimé leur désaccord avec cette proposition d’exonération d’impôts. La CFDT Services a publié un communiqué dans lequel elle déclare : « avec la défiscalisation des pourboires, les entreprises pourraient se dédouaner de revalorisations salariales. Les pourboires sont par ailleurs aléatoires, inégaux selon le poste et même les territoires ». Nabil Azzouz, secrétaire fédéral en charge du secteur hôtels, cafés et restaurants pour la FGTA-FO, a affirmé dans un entretien accordé au journal Les Échos : « c’est un détournement de cotisations ».
Catherine Quérard, présidente du Groupement des hôtelleries et restaurations de France, a indiqué mardi 30 septembre sur RMC que « les pourboires peuvent représenter un treizième mois dans l’année ». Cette estimation varie fortement selon les établissements et les situations géographiques.
Emmanuel Macron a également abordé le titre de « maître restaurateur ». Il a rappelé que seuls 3 000 professionnels en France bénéficient de cette reconnaissance, et a fixé un objectif de 10 000 détenteurs du titre d’ici 2027. Ce label est attribué aux établissements travaillant principalement avec des produits bruts et frais.
Enfin, le président a abordé la question du contrôle des denrées importées, déclarant : « nous ne contrôlons pas assez dans les ports et aéroports le respect de nos normes », évoquant des produits ne répondant pas aux standards sanitaires et phytosanitaires exigés sur le territoire national. Il a ajouté que « l’alimentation ne coûte plus rien ou de moins en moins » et qu’il faut « un juste prix » correspondant au travail fourni.








