Parmi les sujets au cœur des débats politiques, la hausse du salaire net des travailleurs français devient urgente au vu de la stagnation du pouvoir d’achat. Pour réaliser un tel projet, de nombreuses pistes sont à l’étude.
L’écart entre le salaire brut et le salaire net continue de se creuser. Actuellement en France, sur 100 euros de salaire, un salarié ne perçoit réellement que 54 euros, le reste étant destiné à couvrir les cotisations. En 1990, il recevait 60 euros, tandis qu’en 1970, le salaire hors cotisations sur 100 euros était de 69 euros. On remarque ainsi que le salaire net s’éloigne davantage du salaire brut au fil du temps, une situation qui devient pénalisante pour les Français.
Cet écart est dû aux multiples systèmes de cotisations sociales, tels que la retraite, la santé ou encore les contributions sociales généralisées comme la CSG et la CRDS. Pour rappel, en 2018, le président de la République Emmanuel Macron a supprimé la cotisation salariale maladie de 0,75 % et réduit de 1,45 point la cotisation salariale chômage.
Ces mesures ont permis de faire grimper les rémunérations nettes des employés de plusieurs dizaines d’euros. Selon Michel Picon, le patron de l’Union des entreprises de proximité (U2P), « Si on veut réduire l’écart entre le salaire brut et le net, sans rogner sur notre modèle social, on peut supprimer la CSG-CRDS sur les revenus d’activité », a-t-il proposé lors de la rencontre de l’U2P le 25 septembre.
La hausse du salaire net représente une lourde charge pour l’État
La proposition de Michel Picon est au cœur des discussions politiques. Selon les calculs du dirigeant de l’U2P, une telle mesure permettrait, sur une période de 5 ans, de relever le pouvoir d’achat des travailleurs de plusieurs centaines d’euros. Or, selon Antoine Foucher, spécialiste des questions sociales, « Si l’on veut qu’une telle mesure se voie sur la feuille de paie, il faut compter entre 80 et 100 milliards d’euros », a-t-il déclaré au Parisien.
Selon lui, la solution serait de réorienter les charges, ciblant les hauts revenus, les héritages ainsi que les retraités. « On compléterait le tableau avec une hausse de la TVA. Malgré la hausse des prix, les actifs sortiraient gagnants de ce jeu de passe-passe », a-t-il assuré. Gabriel Attal, de son côté, opte pour la création de taxes spécifiques. En somme, des mesures devront être adoptées pour revaloriser le salaire net des travailleurs sans impacter les finances publiques, déjà déstabilisées par un lourd déficit.








