Retraite : L’Italie veut mettre fin de la hausse de l’age de départ, la France va-t-elle suivre ?

L’Italie envisage de suspendre l’augmentation automatique de l’âge de départ à la retraite.

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Italie
Le gouvernement Italien se dit favorable à la fin de la hausse du départ à la retraite, alors que l'âge légal allait atteindre près de 70 ans en 2051 - Crédit : Reuters | Econostrum.info

L’Italie souhaite mettre un terme à l’évolution de l’âge de départ à la retraite en fonction de l’espérance de vie. Aujourd’hui, l’âge légal de la retraite pour les travailleurs italiens est fixé à 67 ans et risque d’atteindre près de 70 ans d’ici 2051.

En raison d’un mécanisme reliant l’âge de départ à la retraite à l’espérance de vie, l’Italie affiche l’un des départs les plus tardifs en Europe. Si ce système de calcul est maintenu, l’âge de la retraite continuera de grimper au fil des années. Pour rappel, cette mesure a été prise dans le cadre d’une dette publique devenue trop importante, dans le but de rassurer les marchés.

Or, ce système est lourdement pénalisant pour les travailleurs, d’autant plus que l’âge de départ est constamment augmenté, subissant une révision tous les 2 ans. Selon l’institut de la statistique italien, Istat, la prochaine hausse est prévue en 2031, atteignant 67 ans et neuf mois, tandis qu’en 2051, l’âge de départ à la retraite s’établira à 69 ans et six mois, soit presque 70 ans. Un niveau record, fortement contesté par les syndicats, qui semblent également avoir le soutien du gouvernement.

Vers la fin de l’indexation de l’âge de départ à la retraite sur l’espérance de vie en Italie ?

Depuis 2019, les salariés italiens attendent jusqu’à l’âge de 67 ans pour partir à la retraite. Si cette situation est jugée comme une « politique brutale envers les travailleurs », selon le sous-secrétaire d’État au Travail, Claudio Durigon, comme le rapporte BFMTV, elle a permis à l’Italie, combinée à d’autres mesures, de réduire sa dette.

Depuis la mise en place de ce système, l’Italie a pu faire grimper sa note auprès des agences de notation et commence peu à peu à regagner la confiance des marchés. Selon Tito Boeri, ancien président de l’Istat, « Ce mécanisme est très précieux et ne doit pas être modifié… sinon les conséquences sur la dette publique italienne vont être assez dramatiques. », a-t-il déclaré dans le Financial Times.

La fin de cette mesure pourrait faire baisser le PIB de 0,4 point. De même, la dette pourrait atteindre 139 % de la richesse nationale en 2031, alors que, selon les prévisions actuelles, elle serait de 132 % cette année-là. Cette situation s’explique notamment par le ralentissement des naissances, avec un taux de fécondité de 1,2 enfant par femme, ainsi que par l’accélération du vieillissement.

Pourtant, malgré cela, la présidente du Conseil des ministres, Giorgia Meloni, serait ouverte à supprimer cette indexation, selon Claudio Durigon. D’autre part, le ministre des Finances, Giancarlo Giorgetti, a déclaré au Financial Times sa volonté de suspendre cette mesure jusqu’en 2029, affirmant toutefois que ce projet était encore en cours de discussion.

L’Italie fait ainsi un premier pas vers les retraités dans un contexte dans lequel la question de l’age de départ est au centre de débat en Europe. En France, des syndicats, des personnalités ainsi que des partis politiques revendiquent le retour à l’age de 62 ans pour le départ à la retraite. La question de pose donc sur la possibilité que la France emboite le pas à l’Italie. 

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