La Cour des comptes a publié un rapport dans lequel elle met en garde contre les effets financiers négatifs de la gratuité des transports en commun, tout en soulignant l’impact limité de cette mesure sur la réduction de l’utilisation de la voiture.
Selon le rapport, bien que la gratuité puisse être avantageuse pour les petits réseaux de transport, elle devient problématique dans les grands réseaux urbains. En effet, les coûts associés à cette politique sont élevés, tandis que les bénéfices en termes de mobilité durable et de réduction de la dépendance à la voiture restent faibles.
Les magistrats de la Cour des comptes expliquent que, dans les petits réseaux de transports publics, la gratuité peut effectivement permettre d’augmenter la fréquentation des services, notamment là où les bus circulent souvent presque à vide. Toutefois, cette mesure se traduit par des pertes financières substantielles pour les grandes agglomérations.
Dans ces réseaux bien établis, l’instauration de la gratuité génère des coûts supplémentaires liés à l’augmentation de la demande, nécessitant ainsi un renforcement des infrastructures et des services. Par ailleurs, cette mesure ne semble pas suffisamment inciter les automobilistes à adopter les transports en commun.
Des résultats mitigés des transports gratuits sur l’objectif écologique
En France, plusieurs villes ont déjà mis en place la gratuité des transports en commun. Parmi elles, Dunkerque, Aubagne, Compiègne, ainsi que la métropole de Montpellier, où la gratuité s’étend sur les 31 communes. Ces initiatives visent à encourager une transition vers des modes de transport plus écologiques et à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cependant, la Cour des comptes constate que l’impact sur la réduction de l’usage de la voiture reste limité. La fréquentation des transports en commun a augmenté principalement pour des trajets courts en centre-ville, où la marche et le vélo profitent également de cette politique. En revanche, l’effet sur la voiture est beaucoup moins marqué.
La Cour des comptes met également en lumière les tensions financières créées par cette mesure, qui risquent de freiner les projets d’investissements nécessaires pour moderniser les réseaux de transport. Elle souligne que ces projets, notamment ceux visant à verdir les bus et à étendre les infrastructures, nécessitent des financements conséquents. Or, la gratuité des transports publics grève les recettes nécessaires pour financer ces investissements à long terme.
En conclusion, la Cour des comptes recommande de revoir cette politique en se concentrant davantage sur des réductions tarifaires ciblées, selon les revenus des usagers, plutôt que sur une gratuité généralisée. Elle suggère également d’intensifier les efforts contre la fraude et d’inciter les collectivités à publier des évaluations régulières de l’impact de toute modification tarifaire importante. Cela permettrait de mieux cibler les aides et d’optimiser les ressources allouées aux transports en commun.








