Dette : le rendement de l’emprunt français à dix ans désormais plus cher que celui de l’Italie

Le sujet de la dette en France occupe les espaces médiatiques et politiques ces derniers jours.

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Dette : le rendement de l'emprunt français à dix ans désormais plus cher que celui de l'Italie. Crédit : Banque de france | Econostrum.info

La question de la dette revient au-devant de la scène en France. Les taux d'emprunt de la France à dix ans ont franchi un seuil symbolique en se rapprochant de ceux de l’Italie, marquant une inversion notable. Le mardi 9 septembre 2025, le rendement de l'emprunt français à dix ans s’établissait à 3,48 %, tandis que celui de l’Italie était de 3,47 %.

Cet écart minime est significatif, car il montre que la France emprunte désormais à des conditions presque identiques à celles de son voisin italien, un retournement de situation au regard de la situation des finances publiques des deux pays ces dernières années. Cette évolution s’explique par plusieurs facteurs, notamment la situation politique interne de la France et sa difficulté à réduire son déficit public.

La paralysie politique en France, exacerbée par la démission du Premier ministre François Bayrou après un vote de confiance infructueux, a conduit les investisseurs à exiger une prime de risque plus élevée pour prêter à l’État français. Les objectifs de réduction du déficit public, tels que ceux prévus par François Bayrou, semblent désormais inaccessibles, renforçant les inquiétudes concernant la viabilité des finances publiques françaises.

La réaction des investisseurs sur le taux de la dette et la comparaison avec l’Italie

Les marchés financiers réagissent donc en augmentant les taux d'emprunt, une situation qui contraste fortement avec celle de l’Italie, autrefois considérée comme un « vilain petit canard » en matière de gestion des finances publiques. En effet, l’Italie, malgré un endettement plus élevé (138 % du PIB contre 114 % pour la France), a réussi à convaincre les investisseurs de ses efforts pour réduire son déficit, qui est actuellement de 3,5 %. Cette amélioration a conduit à une baisse significative de ses taux d’emprunt, la France, en revanche, étant confrontée à un retard dans ses réformes budgétaires, comme l’indique l’économiste Christian de Boissieu.

Les turbulences sur les marchés de la dette française risquent de s’intensifier dans les jours à venir. L’agence de notation Fitch Ratings doit en effet se prononcer sur la qualité de la dette française le 12 septembre 2025. La France est actuellement notée AA- par Fitch, avec une perspective négative, et une dégradation de cette note pourrait entraîner des conséquences importantes.

Selon Fitch, la stabilité de la dette française à moyen terme pourrait être compromise par un manque de plan crédible pour l’assainissement budgétaire et des pressions politiques internes. Si cette dégradation devait avoir lieu, cela pourrait exclure la dette française des portefeuilles d’investisseurs institutionnels, ce qui provoquerait une nouvelle hausse des taux d’emprunt et augmenterait ainsi le coût de la dette publique, qui pourrait atteindre 62 milliards d’euros en 2025.

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